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Jean Racine - Andromaque
Tout autre objet le blesse ; et peut-être aujourd'hui Il n'attend qu'un prétexte à l'éloigner de lui. Nous n'avons qu'à parler : c'en est fait. Quelle joie D'enlever à l'Épire une si belle proie ! Sauve tout ce qui reste et de Troie et d'Hector, Garde son fils, sa veuve, et mille autres encor, Épire : c'est assez qu'Hermione rendue Perde à jamais tes bords et ton prince de vue. Mais un heureux destin le conduit en ces lieux. Parlons. A tant d'attraits, Amour, ferme ses yeux.
SCENE IV. - PYRRHUS, ORESTE, PHOENIX. PYRRHUS
Je vous cherchais, Seigneur. Un peu de violence M'a fait de vos raisons combattre la puissance, Je l'avoue ; et depuis que je vous ai quitté, J'en ai senti la force et connu l'équité. J'ai songé, comme vous, qu'à la Grèce, à mon père, A moi-même, en un mot, je devenais contraire Que je relevais Troie, et rendais imparfait Tout ce qu'a fait Achille et tout ce que j'ai fait. Je ne condamne plus un courroux légitime, Et l'on vous va, Seigneur, livrer votre victime.
ORESTE
Seigneur, par ce conseil prudent et rigoureux, C'est acheter la paix du sang d'un malheureux.
PYRRHUS
Oui, mais je veux, Seigneur, l'assurer davantage : D'une éternelle paix Hermione est le gage ; Je l'épouse. Il semblait qu'un spectacle si doux N'attendît en ces lieux qu'un témoin tel que vous. Vous y représentez tous les Grecs et son père, Puisqu'en vous Ménélas voit revivre son frère. Voyez-la donc. Allez. Dites-lui que demain J'attends, avec la paix, son coeur de votre main.
ORESTE
Ah ! Dieux !
SCENE V - PYRRHUS, PHOENIX. PYRRHUS
Hé bien, Phoenix, l'amour est-il le maître ? Tes yeux refusent-ils encor de me connaître ?
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