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Jean Racine - Andromaque
Oui, mes voeux ont trop loin poussé leur violence Pour ne plus s'arrêter que dans l'indifférence. Songez-y bien : il faut désormais que mon coeur, S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur. Je n'épargnerai rien dans ma juste colère : Le fils me répondra des mépris de la mère ; La Grèce le demande ; et je ne prétends pas Mettre toujours ma gloire à sauver des ingrats.
ANDROMAQUE
Hélas ! Il mourra donc. Il n'a pour sa défense Que les pleurs de sa mère et que son innocence. Et peut-être après tout, en l'état où je suis, Sa mort avancera la fin de mes ennuis. Je prolongeais pour lui ma vie et ma misère ; Mais enfin sur ses pas j'irai revoir son père. Ainsi tous trois, Seigneur, par vos soins réunis, Nous vous...
PYRRHUS
Allez, Madame, allez voir votre fils. Peut-être, en le voyant, votre amour plus timide Ne prendra pas toujours sa colère pour guide. Pour savoir nos destins j'irai vous retrouver. Madame, en l'embrassant, songez à le sauver.
ACTE II
SCENE PREMIERE - HERMIONE, CLÉONE. HERMIONE
Je fais ce que tu veux. Je consens qu'il me voie ; Je lui veux bien encore accorder cette joie. Pylade va bientôt conduire ici ses pas ; Mais, si je m'en croyais je ne le verrais pas.
CLÉONE
Et qu'est-ce que sa vue a pour vous de funeste Madame, n'est-ce pas toujours le même Oreste Dont vous avez cent fois souhaité le retour, Et dont vous regrettiez la constance et l'amour ?
HERMIONE
C'est cet amour payé de trop d'ingratitude Qui me rend en ces lieux sa présence si rude. Quelle honte pour moi, quel triomphe pour lui, De voir mon infortune égaler son ennui ! Est-ce là, dira-t-il, cette fière Hermione ?
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