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Jacques Cazotte - Le Diable amoureux
Et quelle est ma récompense ?
On me dédaigne et je sers.
Coursier, la main qui vous mène
S'empresse à vous caresser ;
On vous captive, on vous gêne,
Mais on craint de vous blesser.
Des efforts qu'on vous fait faire,
Sur vous l'honneur rejaillit,
Et le frein qui vous modère,
Jamais ne vous avilit.
Alvare, une autre t'engage,
Et m'éloigne de ton coeur :
Dis-moi par quel avantage
Elle a vaincu ta froideur ?
On pense qu'elle est sincère,
On s'en rapporte à sa foi ;
Elle plaît, je ne puis plaire :
Le soupçon est fait pour moi.
La cruelle défiance
Empoisonne le bienfait.
On me craint en ma présence ;
En mon absence on me hait.
Mes tourments, je les suppose ;
Je gémis, mais sans raison ;
Si je parle, j'en impose...
Je me tais, c'est trahison.
Amour, tu fis l'imposture,
Je passe pour l'imposteur ;
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