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Jacques Cartier - Voyage au Canada
Jacques, né le 4 décembre 1458, eut à son tour, de son mariage avec Jesseline Jansart, un fils né le 31 décembre 1494, lequel n'est autre que le célèbre navigateur Jacques Cartier, marié lui-même en 1519 avec Catherine des Granches, fille de Jacques des Granches connétable de la ville &cité de Saint-Malo, mais de laquelle il n'eut point de postérité.
Après qu'il eut renoncé à la navigation, il habitait pendant l'hiver, dans la ville de Saint-Malo, une maison située «jouxte l'hôpital Saint-Thomas», mais dont il ne reste depuis longtemps aucun vestige; l'été il se retirait dans le domaine seigneurial de Limoilou, au village ainsi appelé, où son château conserve encore le nom de Portes Cartier.
Il avait eu à soutenir, après le retour de Roberval, une instance dans laquelle on lui demandait compte des deniers dont il avait eu la disposition pour l'entreprise commune: il fut reconnu qu'il y avait mis plus qu'il n'avait reçu, &la sentence du tribunal d'Amirauté, du 21 juin 1544, lui donna gain de cause sur tous les points.
On perd sa trace après l'année 1552, &l'on en conclut qu'il décéda probablement avant d'atteindre sa soixantième année.
XVI
Rédigea-t-il lui-même les relations des diverses expéditions qu'il avait conduites au Canada! On peut le penser, bien qu'il y soit toujours question de lui à la troisième personne, à la manière dont il est parlé de Jules César en ses immortels Commentaires. Dans tous les cas, le rédacteur a évidemment fait partie de chacune des expéditions racontées.
Un celebre collecteur italien, qui s'était procuré diverses relations françaises dont il ne nous reste aujourd'hui rien autre chose que la version qu'il en a publiée, Ramusio, avait recueilli celle du premier voyage de Cartier, &c'est uniquement dans sa précieuse collection, ainsi que nous l'ayons rappelé dès le début, qu'il faut aller reprendre, sous son déguisement étranges, Un récit qui est pour nous d'un si grand intérêt. Cette version italienne, parue pour la première fois à Venise en 1556, y sut reproduite dans les réimpressions de 1565, 1606 et 1613, Elle fut retraduite en français pour être ainsi publiée à Rouen en 1598, chez Raphaël du Petit-Val, libraire &imprimeur du Roi, en un volume petit in-8° de 64 pages, sous ce titre: Discours du voyage fait par le capitaine Jacgues Cartier aus terres neufves de Canadas, Norembergue, Hochelage, Labrador, &pays adjacens, dite Nouvelle France, avec particulières meurs, langage &cérémonies des habitans d'icelle. Lescarbot la réimprima avec une médiocre exactitude dans son Histoire de la Nouvelle-France (livre III, chapitres II à V), dont il y a quatre éditions, aux dates de 1609, 1611, 1617 &1618. Les Archives des voyages de Ternaux-Compans l'ont reproduite en 1840 avec plus de scrupule, dans leur première livraison (pages 117 à 153). Enfin la Société littéraire &historique de Québec l'a comprise à son tour dans un volume de réimpressions consacré aux Voyages de découverte au Canada entre les années 1534 &1542, publié à Québec en 1843, &dont ce morceau occupe les vingt-trois premières pages; malheureusement les inexactitudes de Lescarbot n'y ont pas toutes été rectifiées.
Ainsi que nous l'avons dit aussi dès le début, C'est au collecteur anglais Richard Hakluyt d'Oxford, que nous sommes redevables de nous avoir conservé, dans une version anglaise, les fragments mutilés qu'il avait pu se procurer pendant son séjour en France (de 1584 à 1588) concernant le troisième voyage de Cartier: c'est d'abord la relation, non achevée, du navigateur; puis une lettre de son petit-neveu Jacques Noël, écrite de Saint-Malo le 19 juin 1587, &un fragment d'une seconde lettre du même, constatant que
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