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Henri Béland - Mille et un jours en prison à Berlin

c'est celui de ne pouvoir reproduire ici en entier ces documents qui forment dans leur ensemble un
monument "plus durable que l'airain".

Au sein de la petite Belgique opprimée et indomptable, le grand Archevêque a été le symbole de la
résistance nationale.

Il a osé presque TOUT dire aux envahisseurs; à maintes reprises il s'est dressé contre leurs infamies
politiques, militaires, administratives; il est resté debout devant les menaces de Von Bissing, de Von

Huene, de Von der Golfs.

L'insolente autocratie de ceux-ci a hésité, a reculé devant la troublante majesté d'honneur, de justice
et de vérité de celui-là.

H. B.

EXTRAITS DE LA Lettre pastorale du Cardinal Mercier "Patriotisme et endurance"

NOTE

A quatre années de distance, on ne relira pas sans émotion des extraits de la première lettre pastorale
du cardinal Mercier après l'invasion allemande. C'est la fameuse lettre
Patriotisme et Endurance,
écrite à la Noël de 1914 pour consoler les Belges éprouvés, raviver leur foi patriotique et leur indiquer

une ligne de conduite vis-à-vis de l'occupant. Elle constitue un énergique réquisitoire contre les atrocités

commises en Belgique par l'armée allemande, le premier qu'on ait osé formuler en territoire occupé. Le

cardinal Amette, en la proposant en lecture à ses diocésains, écrivait que c'est "une oeuvre admirable de

doctrine évangélique, de sollicitude pastorale et de courage patriotique." Elle eut dans le monde entier un

immense retentissement; on la traduisit dans à peu près toutes les langues, et elle fut répandue partout par

le clergé des pays alliés. Je dois me borner à quelques citations.

Malines, Noël, 1914.

Mes bien chers Frères,

............................................

Lorsque, dès mon retour de Rome, au Havre, déjà, j'allai saluer nos blessés belges, français ou anglais;
lorsque, plus tard, à Malines, à Louvain, à Anvers, il me fut donné de serrer la main à ces braves, qui

portaient dans leurs tissus une balle ou au front une blessure, pour avoir marché à l'assaut de l'ennemi ou

soutenu le choc de ses attaques, il me venait spontanément aux lèvres pour eux une parole de

reconnaissance émue: Mes vaillants amis, leur disais-je, c'est pour nous, pour chacun de nous, pour moi,

que vous avez exposé votre vie et que vous souffrez. J'ai besoin de vous dire mon respect, ma gratitude,

et de vous assurer que le pays entier sait ce qu'il vous doit.

C'est que, en effet, nos soldats sont nos sauveurs.

Une première fois, à Liège, ils ont sauvé la France; une seconde fois, en Flandre, ils ont arrêté la marche
de l'ennemi vers Calais: la France et l'Angleterre ne l'ignorent point, et la Belgique apparaît aujourd'hui

devant elles, et devant le monde entier, d'ailleurs, comme une terre de héros. Jamais, de ma vie, je ne me

suis senti aussi fier d'être Belge que, lorsque traversant Paris, traversant les gares françaises, faisant halte

à Paris, visitant Londres, je fus partout le témoin de l'admiration enthousiaste de nos alliés pour

l'héroïsme de notre armée. Notre Roi est, dans l'estime de tous, au sommet de l'échelle morale; il est seul,

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