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Henri Béland - Mille et un jours en prison à Berlin
Kommandantur. Cet officier me connaissait parfaitement, m'ayant rencontré quatre ou cinq fois à la prison où il se rendait presque chaque semaine pour recevoir les dépositions des prisonniers qui, par requête ou autrement, se plaignaient du traitement qui leur était infligé.
Il s'avança vers moi et m'adressa la parole:
- Vous allez, dit-il, faire une promenade au jardin?
Oui, répondis-je.
Je portais à la main un petit paquet. Il l'avait remarqué.
- Et, dit-il, vous faites quelques petits achats lorsque vous sortez de la prison?
J'ai cru bien faire en répondant affirmativement.
- Au revoir; me dit-il. Et il passa outre.
J'ai bien remarqué que mon Alsacien était très ennuyé de cette rencontre. Il fut taciturne jusqu'à notre retour à la prison.
Deux jours plus tard, l'officier Block se présente à ma cellule, l'anxiété sur la figure.
- Vous êtes sorti, cette semaine? demanda-t-il.
- Oui, mardi.
- Où êtes-vous aller
- Au parc.
Êtes-vous allé ailleurs?
- Non.
- Cela me paraît curieux, dit-il, je viens de recevoir un document de l'Ober Kommando, et ce document contient une seule phrase à mon adresse, ainsi conçue: "Pourquoi les instructions, dans le cas de Béland, ont-elles été outrepassées?"
Je lui fis part de mon ahurissement, je ne pouvais comprendre (?) comment nous avions passé outre les instructions, car, comme je lui faisais remarquer, nous étions allés directement de la prison au Tiergarten.
- Avez-vous rencontré quelqu'un? me demande l'officier.
- Oui.
- Qui cela?
- Le capitaine Wolff, de la Kommandantur.
- Ah! dit-il, voilà toute l'affaire. A quel endroit l'avez-vous rencontré?
- Avenue Unter den Linden.
- Unter den Linden, s'écrit l'officier, Unter den Linden?
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