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Henri Béland - Mille et un jours en prison à Berlin

- Oui.

Étonnement de l'officier qui se retourne du côté de son compagnon, et qui nous regarde ensuite, des pieds
à la tête, ma femme et moi.

- Vous êtes sujet anglais? reprit-il.

- Vous l'avez dit!

- Depuis combien de temps êtes-vous ici?

- Je suis arrivé en Belgique quelques jours, je crois, avant vous, c'est-à-dire en juillet 1914.

- Que faites-vous ici?...

Il s'engagea alors, entre ces deux officiers et nous, un colloque qui dura quelques minutes seulement,
mais qui suffit à faire comprendre à ces messieurs, et sans trop de difficulté, que ma présence en

Belgique n'avait rien de mystérieux, pas même pour un Allemand.

Apparemment convaincu qu'il n'avait pas affaire à un espion à la solde du gouvernement anglais, le
premier officier confessait qu'il ne voyait pas d'objection sérieuse à ce qu'un permis de quitter la

Belgique nous fût donné, mais ses instructions étant catégoriques en ce qui concernait les sujets

britanniques, il ne pouvait, sans l'autorisation de son chef militaire, le major Von Wilm, donner le

sauf-conduit demandé. Il nous conseilla d'aller voir ce major. Nous nous rendons immédiatement à son

bureau. Chemin faisant, je faisais simplement remarquer à ma femme qu'une fois entré dans ce nouveau

bureau où l'on nous envoyait, il pouvait bien se faire que je n'en sortisse jamais. Le major Von Wilm

nous reçoit avec une certaine affectation de civilité et écoute attentivement l'histoire que nous lui

racontons.

Il fut convaincu lui aussi, en apparence, qu'il n'avait pas affaire à un espion. Il ne prévoyait pas d'obstacle
à l'émission d'un sauf-conduit, mais il devait en causer, au préalable, avec le gouverneur de la place

fortifiée. Il nous engageait à retourner à Capellen, et y attendre un mot de lui.

Quelques jours plus tard, une lettre du major nous arrivait, conçue en ces termes:

(TRADUCTION)

Anvers, 8 février 1915. Monsieur et Madame Béland, Starrenhof, Capellen.

Monsieur et Madame,

Nous référons à notre conversation d'il y a quelques jours passés.

J'ai l'honneur de vous dire qu'un sauf-conduit vous sera donné à deux conditions: la première, c'est que
M. Béland devra s'engager formellement à ne jamais porter les armes contre l'Allemagne pendant toute la

durée de la guerre, et ensuite que toutes les propriétés que vous avez en Belgique, en territoire occupé,

seront soumises, après votre départ, à une taxe décuplée.

Signé: VON WILM, Major.

Il nous restait donc à décider ce que nous avions à faire. Il nous parut opportun de retourner à Anvers,
pour discuter plus longuement avec le major cette question du décuplement de la taxe. Après un long

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