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Henri Béland - Mille et un jours en prison à Berlin

dans la commune.

On disait avec raison: Mais les délinquants ont été pinces et punis, et le crime, en vérité, n'était pas grand.
Il s'agissait, comme il a été dit plus haut, de deux galopins qui s'étaient amusés à faire jouer le volant

d'une locomotive.

Tout le monde avait encore à la mémoire ce document épiscopal qui donnait à tous l'assurance, d'après
les promesses de l'autorité allemande, qu'aucun délit particulier ne saurait entraîner de représailles contre

la population civile. Mais que faire?... On tint conseil de tous côtés. Les notables s'assemblèrent

secrètement, et l'on décida de soumettre le cas au gouverneur d'Anvers, le général Von Huene.

Rien n'y fit: les vingt-quatre citoyens de Capellen durent monter la garde durant les nuits froides de
décembre et de janvier devant la gare de Capellen.

La veille de Noël, c'était le tour de l'équipe dont faisait partie le vieux curé, M. Vandenhout, âgé
d'environ 70 ans, et qui dut passer la nuit, sous une pluie battante et froide, à faire les cent pas devant la

gare avec ses sept compagnons. Le lendemain il était alité, malade. Vers le 15 janvier, un ordre venu

d'Anvers mettait fin à ce règlement arbitraire des autorités locales.

A peu près vers ce temps-là, un nouvel officier s'était présenté au château pour se faire héberger Celui-là
fut d'un commerce beaucoup moins agréable que son prédécesseur; il n'avait habité ni l'Espagne ni le

Brésil, mais il nous venait en ligne droite de la Prusse orientale. C'est dire qu'il était une manière de

"surboche". Violent et arrogant, il traitait son ordonnance avec une rigueur assommante. La maison en

tremblait lorsqu'il se mettait en frais de le morigéner, et cela arrivait assez souvent. Il nous quittait au

bout de trois semaines, et Dieu sait dans quelle mesure nous l'avons regretté!... Nous étions donc encore

une fois délivré de tout Allemand, du moins au point de vue domestique.

L'un des médecins de Capellen était depuis peu revenu de Hollande. Après avoir consulté toute la
famille, nous décidons, ma femme et moi, de faire les démarches nécessaires pour sortir du pays occupé

avec l'intention de passer en Amérique.

Chapitre XI. CITOYEN BRITANNIQUE

Au commencement de février 1915, après le départ du dernier officier allemand que nous ayons eu à
héberger, nous étions, ma femme et moi, au bureau central pour l'émission des sauf-conduits, à Anvers,

et nous soumettions aux deux officiers en charge de ce bureau notre demande de l'autorisation nécessaire

pour quitter la Belgique.

- Où voulez-vous aller? demanda le premier officier.

- En Hollande.

- Pour quoi faire?...

- Pour aller en Amérique.

- Pourquoi aller en Amérique?

- Pour retourner chez-nous, en Canada, où j'habite.

- Alors, vous êtes sujet anglais?...

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