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Henri Béland - Mille et un jours en prison à Berlin

A ma vieille mère, en témoignage de filiale et respectueuse affection.

AVANT-PROPOS.

Depuis son retour d'Allemagne, l'auteur a reçu de tous les coins du Canada et de plusieurs endroits des
États-Unis d'innombrables invitations pour conférences, discours, etc.

A peu d'exceptions près, il lui a été impossible naturellement d'accéder au désir si chaleureusement
exprimé de part et d'autre.

D'un autre côté un grand nombre de personnes dont il s'honore de l'amitié lui ont fortement conseillé de
publier, sous une forme quelconque, quelques mémoires et de son séjour en Belgique - c'est-à-dire depuis

son mariage à Capellen, près d'Anvers, en 1914, jusqu'à son arrestation en 1915 - et de sa captivité en

Allemagne les années subséquentes.

C'est pour satisfaire au désir des uns et au conseil des autres qu'il offre au public la narration, écrite à la
diable, qui suit.

Si l'on y cherchait de la philosophie, un effort littéraire, des considérations d'ordre politique ou social ou
même des jérémiades... on serait déçu.

L'auteur n'a eu d'autre intention que celle de relater, sans efforts et sans prétention, des incidents et des
événements, cocasses, indifférents ou tristes auxquels il a été mêlé; de faire voir superficiellement ce

qu'est la vie d'un prisonnier de guerre derrière des murailles élevées sous la garde médiate ou immédiate

de Prussiens authentiques.

Là s'est borné son effort.

H. B.

MILLE ET UN JOURS

EN

PRISON A BERLIN

Chapitre I. "C'EST LA GUERRE!"

Ce jour-là, une atmosphère de religiosité enveloppait l'imposante chaîne de montagnes qui séparent
l'Espagne de la France. Le Congrès Eucharistique, qui prenait fin, avait réuni, à Lourdes, un nombreux

clergé et un peuple immense venus de tous les coins du monde. Tous - fidèles par centaines de mille:

laïques, prêtres, prélats, évêques, princes de l'Eglise - avaient, la veille au soir, mêlé leurs voix dans les

chants pieux de l'inoubliable et grandiose procession aux flambeaux en face de la Basilique, pendant que

là-haut, au sommet du Pic du Gers, la croix flamboyante se détachait dans la nuit profonde. Cette croix

de feu, au fond de la nue, semblait rappeler la parole angélique d'il y a deux mille ans: Pax hominibus

bonae voluntatis
.

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