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Hector Malot - En famille
- C'est vous qui êtes le propriétaire du Champ Guillot?
- On le dit.»
Elle expliqua en quelques mots ce qu'elle voulait, tandis que, pour ne pas perdre son temps en l'écoutant, il se versait, d'un litre qu'il avait à sa portée, un verre de vin à rouges bords et l'avalait d'un trait,
«C'est possible, si l'on paye d'avance, dit-il en l'examinant.
- Combien?
- Quarante-deux sous par semaine pour la voiture, vingt et un sous pour l'âne.
- C'est bien cher.
- C'est mon prix.
- Votre prix d'été?
- Mon prix d'été.
- Il pourra manger les chardons?
- Et l'herbe aussi, s'il a les dents assez solides.
- Nous ne pouvons pas payer à la semaine, puisque nous ne resterons pas une semaine, mais au jour seulement; nous passons par Paris pour aller à Amiens, et nous voulons nous reposer.
- Alors, ça va tout de même; six sous par jour pour la roulotte, trois sous pour l'âne.
Elle fouilla dans sa jupe, et, un a un, elle en tira neuf sous:
«Voila la première journée.
- Tu peux dire à tes parents d'entrer. Combien sont-ils? Si c'est une troupe, c'est deux sous en plus par personne.
- Je n'ai que ma mère.
- Bon. Mais pourquoi ta mère n'est-elle pas venue faire sa location?
- Elle est malade, dans la voiture.
- Malade. Ce n'est pas un hôpital ici.»
Elle eut peur qu'on ne voulût pas recevoir une malade.
«C'est-à-dire qu'elle est fatiguée. Vous comprenez, nous venons de loin.
- Je ne demande jamais aux gens d'où ils viennent.»
Il étendit le bras vers un coin de son champ;
«Tu mettras ta roulotte là-bas, et puis tu attacheras ton âne; s'il m'écrase un chien, tu me le payeras cent
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