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Hector Malot - En famille

- Où est-elle?

- Me voici, monsieur Vulfran, dit Rosalie en revenant vers lui.

- N'est-ce pas la voix de la petite fille de Françoise? dit-il.

- Oui, monsieur Vulfran, c'est moi, c'est moi Rosalie.»

Et elle se mit à pleurer, car les paroles dures lui avaient jusque-là serré le coeur et l'accès de compassion
avec lequel ces quelques mots lui étaient adressés le détendait.

«Qu'est-ce que tu as, ma pauvre fille?

- En voulant rattacher un fil j'ai glissé, je ne sais comment, ma main s'est trouvée prise, j'ai deux doigts
écrasés... il me semble.

- Tu souffres beaucoup?

- Pas trop.

- Alors pourquoi pleures-tu?

- Parce que vous ne me bousculez pas.»

Talouel haussa les épaules.

«Tu peux marcher? demanda M. Vulfran.

- Oh! oui, monsieur Vulfran.

- Rentre vite chez toi; on va t'envoyer M. Ruchon.»

Et s'adressant à Talouel:

«Écrivez une fiche à M. Ruchon pour lui dire de passer tout de suite chez Françoise; soulignez «tout de
suite», ajoutez «blessure urgente».

Il revint à Rosalie:

«Veux-tu quelqu'un pour te conduire?

- Je vous remercie, monsieur Vulfran, j'ai une camarade.

- Va, ma fille; dis à ta grand'mère que tu seras payée.»

C'était Perrine maintenant qui avait envie de pleurer; mais sous le regard de Talouel elle se raidit; ce fut
seulement quand elles traversèrent les cours pour gagner la sortie qu'elle trahit son émotion:

«II est bon M. Vulfran.

- Il le serait ben tout seul; mais avec le Mince, il ne peut pas; et puis il n'a pas le temps, il a d'autres
affaires dans la tête,

- Enfin il a été bon pour vous.»

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