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Hector Malot - En famille

«Elle s'endort.

- Quelle chance.»

Elle ne s'endormait pas du tout; au contraire, elle essayait à nouveau de monter l'escalier, et elle criait:

«Laïde, viens me donner la main, m'n'éfant, Laïde, Laïde.»

Elle n'avançait pas évidemment, car les appels partaient toujours du bas de l'escalier de plus en plus
pressants à chaque cri, si bien qu'ils finirent par s'accompagner de larmes:

«Ma p'tite Laïde, ma p'tite Laïde, p'tite, p'tite; l'escalier s'enfonce, oh! la! la!»

Un éclat de rire courut de lit en lit.

«C'est-y que t'es pas rentrée, Laïde, dis, dis Laïde, dis; je vas aller te qu'ri.

- Nous v'là tranquilles, dit une voix.

- Mais non, elle va chercher Laïde qu'elle ne trouvera pas, et quand elle reviendra dans une heure, ça
recommencera.

- On ne dormira donc jamais!

- Va lui donner la main, Laïde.

- Vas-y, té.

- C'est té qu'é veut.»

Laïde se décida, passa un jupon et descendit.

«Oh! m'n'éfant, m'n'éfant», cria la voix émue de la Noyelle.

Il semblait qu'elles n'avaient qu'à monter l'escalier qui ne s'enfoncerait plus, mais la joie de voir Laïde
chassa cette idée:

«Viens avec mé, je vas te payer un p'tiôt pot.»

Laïde ne se laissa pas tenter par cette proposition.

«Allons nous coucher, dit-elle.

- Non, viens avec mé, ma p'tite Laïde.»

La discussion se prolongea, car la Noyelle, qui s'était obstinée dans sa nouvelle idée, répétait son mot,
toujours le même:

«Un p'tiot pot.

- Ça ne finira jamais, dit une voix.

- J'voudrais pourtant dormir, mé.

- Faut s'lever demain.

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