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Hector Malot - En famille
- N'as-tu pas été dérangée aussi? J'ai entendu la porte de ton bureau s'ouvrir et se fermer deux fois.»
Puisqu'il l'interrogeait, elle crut qu'elle devait répondre sincèrement: peut-être était-ce la seule solution honnête et juste aux questions qu'elle avait agitées sans leur trouver de réponses satisfaisantes:
«M. Théodore et M. Talouel sont venus dans mon bureau.
- Ah!»
Il parut vouloir s'engager sur ce point, mais s'arrêtant, il reprit:
«La lettre d'abord; nous verrons cela ensuite; assieds-toi près de moi; et lis lentement, distinctement, sans hausser la voix,»
Elle fit sa lecture comme il lui était commandé, et d'une voix plutôt faible que forte.
De temps en temps M. Vulfran l'interrompit, mais sans s'adresser à elle, en suivant sa pensée:
... Modèle des époux,
... Plaisirs mondains,
... Maisons anglaises, quelles maisons?
... Un de ses amis; quel ami?
... De quelle époque datent ces renseignements?
Et quand elle fut arrivée à la fin de la lettre, résumant ses impressions, il dit;
«Des phrases. Pas un nom. Pas une date. Que ces gens-là ont donc l'esprit vague!»
Comme ces observations ne lui étaient pas faites directement, Perrine n'avait garde de répondre; alors un silence s'établit que M. Vulfran ne rompit qu'après un temps de réflexion assez long:
«Peux-tu traduire du français en anglais comme tu viens de traduire de l'anglais en français?
- Si ce ne sont pas des phrases trop difficiles, oui.
- Une dépêche?
- Oui, je crois.
- Eh bien, assieds-toi à la petite table et écris.»
Il dicta:
«Père Fildes
«Mission
«Dakka.
«Remerciements pour lettre.»
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