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Hector Malot - En famille
journal: le Dundee News.
«Que dois-je lire? demanda-t-elle en le dépliant.
- Cherche la partie commerciale.»
Elle se perdit dans les longues colonnes noires qui se succédaient indéfiniment, anxieuse, se demandant comment elle allait se tirer de ce travail nouveau pour elle, et si M. Vulfran ne s'impatienterait pas de sa lenteur, ou ne se fâcherait pas de sa maladresse.
Mais au lieu de la bousculer il la rassura, car avec sa finesse d'oreille si subtile chez les aveugles, il avait deviné son émotion au tremblement du papier:
«Ne te presse pas, nous avons le temps; d'ailleurs tu n'as peut-être jamais lu un journal commercial.
- Il est vrai monsieur.»
Elle continua ses recherches et tout à coup elle laissa échapper un petit cri.
«Tu as trouvé?
- Je crois.
- Maintenant cherche la rubrique: Linen, hemp, jute, sacks twine.
- Mais, monsieur, vous savez l'anglais! s'écria-t-elle involontairement.
- Cinq ou six mots de mon métier, et c'est tout, malheureusement.»
Quand elle eut trouvé, elle commença sa traduction, qui fut d'une lenteur désespérante pour elle, avec des hésitations, des ânonnements, qui lui faisaient perler la sueur sur les mains, bien que M. Vulfran de temps en temps la soutint:
«C'est suffisant, je comprends, va toujours.»
Et elle reprenait, élevant la voix quand les mécaniciens menaçaient de l'étouffer dans leurs coups de marteau.
Enfin elle arriva au bout.
«Maintenant, vois s'il y a des nouvelles de Calcutta?»
Elle chercha.
«Oui, voilà: «De notre correspondant spécial.»
- C'est cela; lis.
- «Les nouvelles que nous recevons de Dakka...»
Elle prononça ce nom avec un tremblement de voix qui frappa M. Vulfran.
«Pourquoi trembles-tu? demanda-t-il.
- Je ne sais pas si j'ai tremblé; sans doute c'est l'émotion.
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