l'ayant fait asseoir sur une caisse d'emballage, lui expliqua où en était le travail des monteurs.
Après un certain temps, elle entendit le directeur appeler à deux reprises:
«Aurélie! Aurélie!»
Mais elle ne bougea pas, ayant oublié qu'Aurélie était le nom qu'elle s'était donné.
Une troisième fois il cria:
«Aurélie!»
Alors, comme si elle s'éveillait en sursaut, elle courut à eux:
«Est-ce que tu es sourde? demanda Benoist.
- Non, monsieur; j'écoutais les monteurs.
- Vous pouvez me laisser», dit M. Vulfran au directeur.
Puis, quand celui-ci fut parti, s'adressent à Perrine restée debout devant lui:
«Tu sais lire, mon enfant?
- Oui, monsieur.
- Lire l'anglais?
- Comme le français; l'un ou l'autre, cela m'est égal.
- Mais sais-tu en lisant l'anglais le mettre en français?
- Quand ce ne sont pas de belles phrases, oui, monsieur.
- Des nouvelles dans un journal?
- Je n'ai jamais essayé, parce que si je lisais un journal anglais je n'avais pas besoin de me le traduire à
moi-même, puisque je comprends ce qu'il dit.
- Si tu comprends, tu peux traduire.
- Je crois que oui, monsieur, cependant je n'en suis pas sûre,
- Eh bien nous allons essayer; pendant que les monteurs travaillent, mais après les avoir prévenus que tu
restes à leur disposition et qu'ils peuvent t'appeler s'ils ont besoin de toi, tu vas tâcher de me traduire dans
ce journal les articles que je t'indiquerai. Va les prévenir et reviens t'asseoir près de moi.»
Quand, sa commission faite, elle se fut assise à une distance respectueuse de M. Vulfran, il lui tendit son