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Hector Malot - En famille
sortie de midi, afin de se mettre à la disposition de Mombleux, si celui-ci avait besoin d'elle; mais Rosalie vint lui dire que, comme il n'arrivait pas de lettre d'Angleterre le lundi, il n'y avait pas eu de traductions à faire le matin; peut-être serait-ce pour le lendemain.
Et Perrine rentrée à l'atelier avait repris son travail, quand, quelques minutes après deux heures, La Quille la happa au passage:
«Va vite au bureau.
- Pour quoi faire?
- Est-ce que ça me regarde? on me dit de t'envoyer au bureau, vas-y.»
Elle n'en demanda pas davantage, d'abord parce qu'il était inutile de questionner La Quille, ensuite parce qu'elle se doutait de ce qu'on voulait d'elle; cependant, elle ne comprenait pas très bien que, s'il s'agissait de travailler avec Mombleux à une traduction difficile, on la fit venir dans le bureau où tout le monde pourrait la voir et, par conséquent, apprendre qu'il avait besoin d'elle.
Du haut de son perron, Talouel, qui la regardait venir, l'appela:
«Viens ici.»
Elle monta vivement les marches du perron.
«C'est bien toi qui parles anglais? demanda-t-il, réponds-moi sans mentir.
- Ma mère était Anglaise.
- Et le français? Tu n'as pas d'accent.
- Mon père était Français.
- Tu parles donc les deux langues?
- Oui, monsieur.
- Bon. Tu vas aller à Saint-Pipoy, où M. Vulfran a besoin de toi.»
En entendant ce nom, elle laissa paraître une surprise qui fâcha le directeur.
«Es-tu stupide?»
Elle avait déjà eu le temps de se remettre et de trouver une réponse pour expliquer sa surprise.
«Je ne sais pas où est Saint-Pipoy,
- On va t'y conduire en voiture, tu ne te perdras donc pas.»
Et du haut du perron, il appela:
«Guillaume!»
La voilure de M. Vulfran qu'elle avait vue rangée, à l'ombre, le long des bureaux, s'approcha:
«Voilà la fille, dit Talouel, vous pouvez la conduire à M. Vulfran, et promptement, n'est-ce pas!»
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