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Hector Malot - Baccara
Elle leva encore les yeux sur lui un court instant, puis vivement les baissant:
- Fais comme si je l'avais deviné, murmura-t-elle.
- Ah! petite fille, petite fille! dit-il en souriant de cette réponse féminine.
Elle lui serra le bras par un mouvement d'impatience involontaire.
- Eh bien, il est venu demander ta main pour Michel Debs.
- Ah!
- C'est là tout ce que tu dis?
- Qu'est-ce que maman lui a répondu?
- Qu'elle m'en parlerait.
- Et toi, qu'est-ce que tu as dit à maman?
- Que je t'en parlerais; car avant nous et les raisons de convenance, il y a toi et les raisons de sentiment; pour que nous répondions, ta mère et moi, il faut donc que d'abord tu répondes toi-même.
Cependant, après un moment de silence, ce ne fut pas une réponse qu'elle adressa à son père, ce fut une nouvelle question.
Est-ce que M. Debs sait que nous sommes..., c'est-à-dire est-ce qu'il connaît la vérité sur la situation de tes affaires?
- Je l'ignore; cependant il est probable que s'il ne sait pas toute la vérité, il la soupçonne en partie; dans le monde des affaires, il n'est personne à Elbeuf qui ne sache que notre situation n'est pas aujourd'hui ce qu'elle était il y a quelques années. Mais quel rapport cela a-t-il avec la réponse que je te demande?
- Ah! papa!
- C'est naïf, ce que je dis?
Elle lui secoua le bras doucement, par un geste de mutinerie caressante.
- Si M. Debs, sachant que tes affaires ne vont pas bien, demande néanmoins ma main, c'est... qu'il m'aime.
- Ah! j'y suis.
- Dame!
- Et cela te fait plaisir?
- Tu demandes des choses...
- Alors tu ne soupçonnais pas qu'il t'aimât?
- Je ne soupçonnais pas... c'est-à-dire que je voyais bien que M. Debs était très aimable avec moi; partout où j'allais, je le rencontrais; toujours je trouvais ses yeux fixés sur moi très... tendrement; il avait en me
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