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Hector Malot - Baccara

XVII
XVIII
XIX

QUATRIÈME PARTIE

I

II
III
IV
V

 

PREMIÈRE PARTIE

I

Ouvrez les livres de géographie les plus complets, étudiez les cartes, même celle de l'état-major, et vous
y chercherez en vain un petit affluent de la Seine, qui cependant a été pour la ville qu'il traverse ce que le

Furens a été pour Saint-Etienne et l'eau de Robec pour Rouen. - Cette rivière est le Puchot. Il est vrai que

de sa source à son embouchure elle n'a que quelques centaines de mètres, mais si peu long que soit son

cours, si peu considérable que soit le débit de ses eaux, ils n'en ont pas moins fait la fortune industrielle

d'Elbeuf.

Pendant des centaines d'années, c'est sur ses rives que se sont entassées les diverses industries de la
fabrication du drap qui exigent l'emploi de l'eau, le lavage des laines en suint, celui des laines teintes, le

dégraissage en pièces, et il a fallu l'invention de la vapeur et des puits artésiens pour que les nouvelles

manufactures l'abandonnent; encore n'est-il pas rare d'entendre dire par les Puchotiers que la

petite rivière n'a pas été remplacée, et que si Elbeuf n'est plus ce qu'il a été si longtemps, c'est parce qu'on

a renoncé à se servir des eaux froides et limpides du Puchot, douées de toutes sortes de vertus spéciales

qui lui appartenaient en propre. Mauvaises, les eaux des puits artésiens et de la Seine, aussi mauvaises

que le sont les drogues chimiques qui ont remplacé dans la teinture le noir qu'on obtenait avec le brou des

noix d'Orival.

Le Puchot a donc été le berceau d'Elbeuf; c'est aux abords de ses rives basses et tortueuses, au pied du
mont Duve d'où il sort, à quelques pas du château des ducs, rue Saint-Etienne, rue Saint-Auct qui

descend de la forêt de la Londe, rue Meleuse, rue Royale, que peu à peu se sont groupés les fabricants de

drap; et c'est encore dans ce quartier aux maisons sombres, aux cours profondes, aux ruelles étroites où

les ruisseaux charrient des eaux rouges, bleues, jaunes quelquefois épaisses comme une bouillie laiteuse

quand elles sont chargées de terre à foulon, que se trouvent les vieilles fabriques qui ont vécu jusqu'à nos

jours.

Une d'elles que le Bottin désigne ainsi: «Adeline (Constant), O. *, médailles A. 1827 et 1834, O. 1839,
1844, 1849, 1re classe Exposition universelle de 1855, hors concours 1867, médaille de progrès

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