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Hector Malot - Anie

logique, la vraisemblance; mais pourquoi avait-il douté de cette paternité? Voilà ce que rien n'indiquait et
ce qu'il fallait précisément chercher, car cette découverte, si on la faisait, confirmait les raisonnements et

la vraisemblance, elle était la preuve des calculs auxquels depuis deux jours il se livrait.

Le lendemain matin, il abrégea sa tournée dans les champs, et à neuf heures il descendit de cheval à la
porte de Rébénacq: si quelqu'un était en situation de le guider dans ses recherches, c'était le notaire; mais,

comme il ne pouvait pas le questionner franchement, il commença par l'entretenir de diverses affaires et

ce fut seulement au moment de partir qu'il aborda son sujet:

- Lorsque tu m'as parlé du testament qu'avait fait Gaston et qu'il t'a repris, tu m'as dit que c'était pour en
changer les dispositions ou pour le détruire.

- A ce moment les deux hypothèses s'expliquaient et il y avait des raisons pour l'une comme pour l'autre;
l'inventaire a prouvé que celle de la destruction était la bonne.

- De ce retrait, tu avais conclu que le testament n'exprimait plus les intentions de Gaston.

- S'il avait exprimé ses intentions, il ne me l'aurait pas repris.

- Cela paraît évident.

- Dis que c'est clair comme la lumière du soleil un testament n'est pas d'une lecture tellement agréable
pour celui qui l'a fait qu'on éprouve le besoin de le relire de temps en temps.

- Depuis l'inventaire t'es-tu quelquefois demandé ce qui avait pu changer les sentiments de Gaston à
l'égard du capitaine?

- Ma foi, non; à quoi bon! Il n'y avait intérêt à raisonner sur ces sentiments que lorsque nous ne savions
pas si ce testament était détruit et si nous n'allions pas en trouver un autre; nous n'avons trouvé ni celui-là

ni l'autre, c'est donc que l'hypothèse de la modification des sentiments était bonne.

- Mais qui a provoqué et amené ces modifications?

- Ah! voilà; je ne vois, comme je te l'ai dit, que les doutes que Gaston avait sur sa paternité, doutes qui
ont empoisonné sa vie.

- Sais-tu si, quand il t'a repris son testament, un fait quelconque avait pu confirmer ses doutes et lui
prouver que décidément le capitaine n'était pas son fils?

- Comment veux-tu que je le sache?

- Tu pourrais avoir une indication qui, si vague qu'elle eût été à ce moment, s'expliquerait maintenant par
le fait accompli.

- Je n'ai rien autre chose que le trouble de Gaston lorsqu'il est venu me redemander son testament, mais
quelle était la cause de ce trouble? Je l'ignore.

- Tu m'avais donné comme explication une découverte décisive qu'il aurait faite, un témoignage, une
lettre.

- Comme explication, non, comme supposition, oui; je t'ai dit qu'il était possible que les soupçons de
Gaston eussent été confirmés par une lettre, par un témoignage, par une preuve quelconque trouvée tout à

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