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Hector Malot - Anie

étant libre auprès de son camarade, il s'avança pour la prendre.

Mais rien n'indiquait que Sixte dût se laisser entraîner à un éclat; son attitude était plutôt celle d'un
homme qui vient de recevoir un coup sous lequel il est tombé assommé.

Cependant, après quelques secondes, il se leva.

- Il est évident, dit-il, que je n'ai pas ces deux cent soixante-seize mille francs sur moi.

- N'est-il pas admis par les honnêtes gens qu'on a vingt-quatre heures pour dégager sa parole?

IX

Comme Sixte mettait le pied sur le trottoir dans la rue, il sentit qu'on lui prenait le bras; il se retourna:
c'était de la Vigne.

- Comment t'es-tu laissé entraîner? demanda celui-ci.

- Ah! comment...

- Tu n'as pas vu que c'était un coup monté?

- Trop tard.

- Nous rentrons?

Sixte ne répondit pas.

- Nous prenons une voiture?

- Non; J'ai besoin d'être seul, de marcher.

- Tu descendras en arrivant à Bayonne.

- Ne me laisseras-tu pas tranquille?

- Ah!

Sixte, malgré son désarroi, eut conscience de ses paroles:

- Sois assuré que j'ai été sensible au mouvement qui t'a fait prendre place auprès de moi pendant que le
baron parlait!

- C'était naturel.

- Tu as cru à une altercation; elle était impossible puisqu'il était dans son droit, et que j'étais moi, dans
mon tort. Merci.

Et Sixte lui tendit la main.

Cependant de la Vigne ne bougeait pas.

- Adieu, dit Sixte en s'éloignant.

Mais il n'avait pas fait trois pas qu'il s'arrêta.

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