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Guy de Maupassant - Monsieur Parent et autres histoires courtes
- Tiens, c'est étonnant... ça sent très bon.
- C'est possible. Mais vous faites-moi le plaisir de vous en aller parce que je vais me coucher.
- Marguerite!
- Allez-vous-en!
Il entre tout à fait et s'assied dans un fauteuil.
La comtesse: - Ah! c'est comme ça. Eh bien, tant pis pour vous.
Elle ôte son corsage de bal lentement, dégageant ses bras nus et blancs. Elle les lève au-dessus de sa tête pour se décoiffer devant la glace; et, sous une mousse de dentelle, quelque chose de rosé apparaît au bord du corset de soie noire.
Le comte se lève vivement et vient vers elle.
La comtesse: - Ne m'approchez pas, ou je me fâche!...
Il la saisit à pleins bras et cherche ses lèvres.
Alors, elle, se penchant vivement, saisit sur sa toilette un verre d'eau parfumée pour sa bouche, et, par-dessus l'épaule, le lance en plein visage de son mari.
Il se relève, ruisselant d'eau, furieux, murmurant:
- C'est stupide.
- Ça se peut...Mais vous savez mes conditions: Cinq mille francs.
- Mais ce serait idiot!...
- Pourquoi ça!
- Comment, pourquoi? Un mari payer pour coucher avec sa femme!...
- Oh!... quels vilains mots vous employez!
- C'est possible. Je répète que ce serait idiot de payer sa femme, sa femme légitime.
- Il est bien plus bête, quand on a une femme légitime, d'aller payer des cocottes.
- Soit, mais je ne veux pas être ridicule.
La comtesse s'est assise sur une chaise longue. Elle retire lentement ses bas en les retournant comme une peau de serpent. Sa jambe rose sort de la gaine de soie mauve, et le pied mignon se pose sur le tapis.
Le comte s'approche un peu et d'une voix tendre:
- Quelle drôle d'idée vous avez là?
- Quelle idée?
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