monsieur vous parler dans les... épaules, ou plutôt entre les seins...
- Il cherchait un porte-voix.
- Je... je lui tirerai les oreilles.
- Seriez-vous amoureux de moi, par hasard?
- On le pourrait être de femmes moins jolies.
- Tiens, comme vous voilà! C'est que je ne suis plus amoureuse de vous, moi!
Le comte s'est levé. Il fait le tour de la petite table, et, passant derrière sa femme, lui dépose
vivement un baiser sur la nuque. Elle se dresse d'une secousse, et, le regardant au fond des yeux:
- Plus de ces plaisanteries-là, entre nous, s'il vous plaît. Nous vivons séparés. C'est fini.
- Voyons, ne vous fâchez pas. Je vous trouve ravissante depuis quelque temps.
- Alors... alors... c'est que j'ai gagné. Vous aussi... vous me trouvez... mûre.
- Je vous trouve ravissante, ma chère; vous avez des bras, un teint, des épaules...
- Qui plairaient à M. Burel.
- Vous êtes féroce. Mais là... vrai... je ne connais pas de femme aussi séduisante que vous.
- Vous êtes à jeun.
- Hein?
- Je dis: Vous êtes à jeun.
- Comment ça?
- Quand on est à jeun, on a faim, et quand on a faim, on se décide à manger des choses qu'on n'aimerait
point à un autre moment. Je suis le plat... négligé jadis que vous ne seriez pas fâché de vous mettre sous
la dent... ce soir.
- Oh! Marguerite! Qui vous a appris à parler comme ça?
- Vous! Voyons: depuis votre rupture avec madame de Servy, vous avez eu, à ma connaissance, quatre
maîtresses, des cocottes celles-là, des artistes, dans leur partie. Alors, comment voulez-vous que