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Guy de Maupassant - Monsieur Parent et autres histoires courtes
Elle reprit:
- Oh! je t'en prie, dis-moi, en as-tu eu beaucoup?
- Mais quelques-unes?
- Combien?
- Je ne sais pas, moi.... Est-ce qu'on sait ces choses-là?
- Tu ne les as pas comptées?...
- Mais non.
- Oh! alors, tu en as eu beaucoup?
- Mais oui.
- Combien à peu près... seulement à peu près.
- Mais je ne sais pas du tout, ma chérie. Il y a des années où j'en ai eu beaucoup, et des années où j'en ai eu bien moins.
- Combien par an, dis?
- Tantôt vingt ou trente, tantôt quatre ou cinq seulement.
- Oh! ça fait plus de cent femmes en tout.
- Mais oui, à peu près.
- Oh! que c'est dégoûtant!
- Pourquoi ça, dégoûtant?
- Mais parce que c'est dégoûtant, quand on y pense... toutes ces femmes... nues... et toujours... toujours la même chose.... Oh! que c'est dégoûtant tout de même, plus de cent femmes!
Il fut choqué qu'elle jugeât cela dégoûtant, et répondit de cet air supérieur que prennent les hommes pour faire comprendre aux femmes qu'elles disent une sottise:
- Voilà qui est drôle, par exemple! s'il est dégoûtant d'avoir cent femmes, il est dégoûtant également d'en avoir une.
- Oh non, pas du tout!
- Pourquoi non?
- Parce que, une femme, c'est une liaison, c'est un amour qui vous attache à elle, tandis que cent femmes c'est de la saleté, de l'inconduite. Je ne comprends pas comment un homme peut se frotter à toutes ces filles qui sont sales....
- Mais non, elles sont très propres.
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