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George Sand - Trois Contes

cratères dans les coupes, des coupes dans les gosiers; on bavardait, les coeurs s'épanchaient. Iaçim, bien
que Juif, ne cachait plus son adoration des planètes. Un marchand d'Aphaka ébahissait des nomades, en

détaillant les merveilles du temple d'Hiérapolis; et ils demandaient combien coûterait le pèlerinage.

D'autres tenaient à leur religion natale. Un Germain presque aveugle chantait un hymne célébrant ce

promontoire de la Scandinavie, où les dieux apparaissent avec les rayons de leurs figures; et des gens de

Sichem ne mangèrent pas de tourterelles, par déférence pour la colombe Azima.

Plusieurs causaient debout, au milieu de la salle; et la vapeur des haleines avec les fumées des
candélabres faisait un brouillard dans l'air. Phanuel passa le long des murs.

Il venait encore d'étudier le firmament, mais n'avançait pas jusqu'au Tétrarque, redoutant les taches
d'huile qui, pour les Esséniens, étaient une grande souillure.

Des coups retentirent contre la porte du château.

On savait maintenant que Iaokanann s'y trouvait détenu. Des hommes avec des torches grimpaient le
sentier; une masse noire fourmillait dans le ravin; et ils hurlaient de temps à autre: - «Iaokanann!

Iaokanann!»

- «Il dérange tout!» dit Jonathas.

- «On n'aura plus d'argent, s'il continue!» ajoutèrent les Pharisiens.

Et des récriminations partaient:

- «Protège-nous!

- «Qu'on en finisse!

- «Tu abandonnes la religion!

- «Impie comme les Hérode!

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