bibliotheq.net - littérature française
 

George Sand - Un hiver à Majorque

membres de la famille de Napoléon signaient indifféremment Bonaparte ou Buonaparte.

Qui sait l'importance que ces légers indices, découverts quelques années plus tôt, auraient pu acquérir,
s'ils avaient servi à démontrer à Napoléon, qui tenait tant à être Français, que sa famille était originaire de

France?

Pour n'avoir plus la même valeur politique aujourd'hui, la découverte de M. Tastu n'en est pas moins
intéressante, et si j'avais quelque voix au chapitre des fonds destinés aux lettres par le gouvernement

français, je procurerais à ce bibliographe les moyens de la compléter.

Il importe assez peu aujourd'hui, j'en conviens, de s'assurer de l'origine française de Napoléon. Ce grand
capitaine, qui, dans mes idées (j'en demande bien pardon à la mode), n'est pas un si grand prince, mais

qui, de sa nature personnelle, était certes un grand homme, a bien su se faire adopter par la France, et la

postérité ne lui demandera pas si ses ancêtres furent Florentins, Corses, Majorquins ou Languedociens;

mais l'histoire sera toujours intéressée à lever le voile qui couvre cette race prédestinée, où Napoléon

n'est certes pas un accident fortuit, un fait isolé. Je suis sur qu'en cherchant bien, on trouverait dans les

générations antérieures de cette famille des hommes ou des femmes dignes d'une telle descendance, et ici

les blasons, ces insignes dont la loi d'égalité a fait justice, mais dont l'historien doit toujours tenir compte,

comme de monuments très-significatifs, pourraient bien jeter quelque lumière sur la destinée guerrière ou

ambitieuse des anciens Bonaparte.

En effet, jamais écu fut-il plus fier et plus symbolique que celui de ces chevaliers majorquins? Ce lion
dans l'altitude du combat, ce ciel parsemé d'étoiles d'où cherche à se dégager l'aigle prophétique, n'est ce

pas comme l'hiéroglyphe mystérieux d'une destinée peu commune? Napoléon, qui aimait la poésie des

étoiles avec une sorte de superstition, et qui donnait l'aigle pour blason à la France, avait-il donc

connaissance de son écu majorquin, et, n'ayant pu remonter jusqu'à la source présumée des Bonpar

provençaux, gardait-il le silence sur ses aïeux espagnols? C'est le sort des grands hommes, après leur

mort, de voir les nations se disputer leurs berceaux ou leurs tombes.

BONAPART.

(Tiré d'un armorial MS., convenant les blasons des principales familles de Mallorca, etc., etc. Le MS.
appartenait à D. Juan Dantelo cronista de Mallorca, mort en 1633, et se conserve dans la bibliothèque du

comte de Montenegro Le MS. est du seizième siècle.)

Mallorca, 20 septembre 1837.

M. TASTU.

PROVAS DE PEBA FORTUNY A 43 DE JUNY DE 1549.

N° 1.

FORTUNY.

SON PARE, SOLAR DE MALLORCA

FORTUNY.

Son père, ancienne maison noble de Mallorca. Camp de plata, cinq torteus negres, en dos, dos, y un.
Champ d'argent, cinq tourteaux de sable, deux, deux et un.

< page précédente | 46 | page suivante >

 
La plupart des textes et des images de ce site font partie du domaine public. Les droits d'auteur pour la présentation des matériaux
et le design du site appartiennent à bibliotheq.net. Toute suggestion et correction est la bienvenue.