Nouvelles lettres d'un voyageur
George Sand
1877
I. LA VILLA PAMPHILI II. LES CHANSONS DES BOIS III. LE PAYS DES ANÉMONES V. DE MARSEILLE A MENTON A PROPOS DE BOTANIQUE . MÉLANGES I. UNE VISITE AUX CATACOMBES II. DE LA LANGUE D'OC III. LA PRINCESSE IV. UTILITÉ V. LA BERTHENOUX VI. LES JARDINS EN ITALIE VII. A MADAME ERNEST PÉRIGOIS[18] VIII. LES BOIS IX. L'ILE DE LA RÉUNION[19] X. CONCHYLIOLOGIE XI. A PROPOS DU CHOLÉRA DE 1865
I. LA VILLA PAMPHILI
A***
Rome, 25 mars 185...
La villa Pamphili n'a pas été abîmée dans les derniers événements, comme on l'a dit. Ni Garibaldi, ni les Français n'y ont laissé de traces de dévastation sérieuse. Ses pins gigantesques sont, en grande partie, encore debout. Elle est bien plus menacée de périr par l'abandon que par la guerre, car elle porte l'empreinte de cette indifférence et de ce dégoût qui sont, à ce que l'on me dit, le cachet général de toutes les habitations princières de la ville et des environs.
C'est un bel endroit, une vue magnifique sur Rome, l'Agro-Romano et la mer. De petites collines un peu plantées, chose rare ici, font un premier plan agréable. Le palais est encore de ceux qui résolvent le problème d'être très-vastes à l'intérieur et très-petits d'aspect extérieur.
En général, tout me paraît trop petit ou trop grand, depuis que je suis à Rome. Quant à la végétation, cela est certain, les arbres de nos climats y sont pauvres, et les essences intermédiaires n'y atteignent pas la santé et l'ampleur qu'elles ont dans nos campagnes et dans nos jardins.
En revanche, les plantes indigènes sont d'une taille démesurée, et le même contraste pénible que l'on remarque dans les édifices se fait sentir dans la nature. On dirait que cette dernière est aristocrate comme
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