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Le chateau des Désertes

George Sand

NOTICE.
I. LA JEUNE MÈRE.
II. LE VER LUISANT.
III. CÉCILIA.
IV. FLÂNERIE.
V. DÉPIT.
VI. LA DUCHESSE.
VII. LE NOEUD CERISE.
VIII. LE SABBAT.
IX. L'UOM DI SASSO.
X. OTTAVIO.
XI. LE SOUPER.
XII. L'HÉRITIÈRE.
XIII. STELLA.
XIV. CONCLUSION.

 

NOTICE.

Le Château des Désertes est une analyse de quelques idées d'art plutôt qu'une analyse de
sentiments. Ce roman m'a servi, une fois de plus, à me confirmer dans la certitude que les choses réelles,

transportées dans le domaine de la fiction, n'y apparaissent un instant que pour y disparaître aussitôt, tant

leur transformation y devient nécessaire.

Durant plusieurs hivers consécutifs, étant retirée à la campagne avec mes enfants et quelques amis de
leur âge, nous avions imaginé de jouer la comédie sur scénario et sans spectateurs, non pour nous

instruire en quoique ce soit, mais pour nous amuser. Cet amusement devint une passion pour les enfants,

et peu à peu une sorte d'exercice littéraire qui ne fut point inutile au développement intellectuel de

plusieurs d'entre eux. Une sorte de mystère que nous ne cherchions pas, mais qui résultait naturellement

de ce petit vacarme prolongé assez avant dans les nuits, au milieu d'une campagne déserte, lorsque la

neige ou le brouillard nous enveloppaient au dehors, et que nos serviteurs même, n'aidant ni à nos

changements de décor, ni à nos soupers, quittaient de bonne heure la maison où nous restions seuls; le

tonnerre, les coups de pistolet, les roulements du tambour, les cris du drame et la musique du ballet, tout

cela avait quelque chose de fantastique, et les rares passants qui en saisirent de loin quelque chose

n'hésitèrent pas à nous croire fous ou ensorcelés.

Lorsque j'introduisis un épisode de ce genre dans le roman qu'on va lire, il y devint une étude sérieuse, et
y prit des proportions si différentes de l'original, que mes pauvres enfants, après l'avoir lu, ne regardaient

plus qu'avec chagrin le paravent bleu et les costumes de papier découpé qui avaient fait leurs délices.

Mais à quelque chose sert toujours l'exagération de la fantaisie, car ils firent eux-mêmes un théâtre aussi

grand que le permettait l'exiguïté du local, et arrivèrent à y jouer des pièces qu'ils firent, eux-mêmes

aussi, les années suivantes.

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