Jean Ziska
ÉPISODE DE LA GUERRE DES HUSSITES
George Sand
NOTICE I. II. III. IV. V. VI. VII. VIII IX. X. XI XII. XIII.
NOTICE
J'ai écrit Jean Ziska entre la première et la seconde partie de Consuelo, c'est-à-dire entre Consuelo et la Comtesse de Rudolstadt. Ayant eu à consulter des livres sur l'histoire des derniers siècles de la Bohême, où j'avais placé la scène de mon roman, je fus frappée de l'intérêt et de la couleur de cette histoire des Hussites, qui n'existait en français que dans un ouvrage long, indigeste, diffus, quasi impossible à lire. Et pourtant ce livre avait sa valeur et ses côtés saisissants pour qui avait la patience de les attendre à venir. Je crois en avoir extrait la moelle en conscience et rétabli la clarté qui s'y noyait sous le désordre des idées et la dissémination des faits.
GEORGE SAND. Nohant, 17 janvier 1853.
L'histoire de la Bohême est peu répandue chez nous. Pour en faire une étude particulière il faudrait savoir le bohême et le latin. Or, ne sachant pas mieux l'un que l'autre, je me vois forcé d'extraire d'un gros livre, estimable autant qu'indigeste, quelques pages sur la guerre des Hussites, comme explications, comme pièces à l'appui (c'est ainsi qu'on dit, je crois), enfin comme documents à consulter entre les deux séries principales d'aventures que j'ai entrepris de raconter sous le titre de Consuelo. En parcourant la Bohême à la piste de mon héroïne, j'avais été frappé du souvenir des antiques prouesses de Jean Ziska et de ses compagnons. Je pris alors quelques notes; et ce sont ces notes que je publie maintenant, avec prière aux lecteurs de ne prendre ceci ni pour un roman ni pour une histoire, mais pour le simple récit de faits véritables dont j'ai cherché le sens et la portée, dans mon sentiment plus que dans les ténèbres de l'érudition. Les personnes qui s'adonnent à la lecture du roman ne se piquent pas, en général, d'un plus grand savoir que celles qui l'écrivent. Il est donc arrivé que plusieurs dames m'ont demandé ingénument où le comte Albert de Rudolstadt avait été pêcher Jean Ziska; ce que
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