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Ernest Hamel - Thermidor

doute pas, sera étrangement surprise de la facilité avec laquelle cet homme a pu, à l'aide des plus
grossiers mensonges, de faux matériels, égarer pendant si longtemps l'opinion publique.

[Note 245: Voici cet arrêté: «Du 30 juillet 1793, les comités de Salut public et de Sûreté générale arrêtent
que Beffroy, député du département de l'Aisne, et Courtois, député du département de l'Aube, seront

amenés sur-le-champ au comité de Salut public pour être entendus. Chargent le maire de Paris de

l'exécution du présent arrêté. Robespierre, Prieur (de la Marne), Saint-Just, Laignelot, Amar, Legendre.»]

[Note 246: Les dilapidations de Courtois n'en paraissent pas moins constantes. L'homme qui ne craignit
pas de voler les papiers les plus précieux de Robespierre, était bien capable de spéculer sur les fourrages

de la République. Sous le gouvernement de Bonaparte, il fut éliminé du Tribunal à cause de ses

tripotages sur les grains. Devenu riche, il acheta en Lorraine une terre où il vécut isolé jusqu'en 1814. On

raconte qu'en Belgique, où il se retira sous la Restauration, les réfugiés s'éloignaient de lui avec dégoût.

Voyez à ce sujet les Mémoires de Barère t. III, p. 253.]

Le premier rapport de Courtois se compose de deux parties bien distinctes[247]: le rapport proprement
dit et les pièces à l'appui. Voici en quels termes un écrivain royaliste, peu suspect de partialité pour

Robespierre, a apprécié ce rapport: «Ce n'est guère qu'une mauvaise amplification de collège, où le style

emphatique et déclamatoire va jusqu'au ridicule[248].» L'emphase et la déclamation sont du fait d'un

méchant écrivain; mais ce qui est du fait d'un malhonnête homme, c'est l'étonnante mauvaise foi régnant

d'un bout à l'autre de cette indigne rapsodie. Il ne faut pas s'imaginer, d'ailleurs, que Courtois en soit seul

responsable; d'autres y ont travaillé; - Guffroy notamment. - C'est bien l'oeuvre de la faction

thermidorienne, de cette association de malfaiteurs pour laquelle le monde n'aura jamais assez de mépris.

[Note 247: Il y a de Courtois deux rapports qu'il faut bien se garder de confondre: le premier, sur les
papiers trouvés chez Robespierre et autres, présenté à la Convention dans la séance du 16 nivôse de l'an

III (5 janvier 1795), imprimé par ordre de la Convention, in-8° de 408 p.; le second, sur les événements

du 9 thermidor, prononcé le 8 thermidor de l'an III (26 juillet 1795), et également imprimé par ordre de la

Convention, in-8° de 220 p.; ce dernier précédé d'une préface en réponse aux détracteurs de la journée du

9 thermidor.]

[Note 248: Michaud jeune, Article COURTOIS, dans la Biographie universelle.]

La tactique de la faction, tactique suivie, depuis, par tous les écrivains et historiens de la réaction, a été
d'attribuer à Robespierre tout le mal, toutes les erreurs inséparables des crises violentes d'une révolution,

et tous les excès qu'il combattit avec tant de courage et de persévérance. Le rédacteur du laborieux

rapport où l'on a cru ensevelir pour jamais la réputation de Maximilien a mis en réquisition la mythologie

de tous les peuples. L'amant de Dalila, Dagon, Gorgone, Asmodée, le dieu Vishnou et la bête du

Gévaudan, figurent pêle-mêle dans cette oeuvre. César et Sylla, Confucius et Jésus-Christ, Épictète et

Domitien, Néron, Caligula, Tibère, Damoclès s'y coudoient, fort étonnés de se trouver ensemble; voilà

pour le ridicule.

Voici pour l'odieux: De l'innombrable quantité de lettres trouvées chez Robespierre on commença par
supprimer tout ce qui était à son honneur, tout ce qui prouvait la bonté de son coeur, la grandeur de son

âme, l'élévation de ses sentiments, son horreur des excès, sa sagesse et son humanité. Ainsi disparurent

les lettres des Girondins, dont nous avons pu remettre une partie en lumière, celles du général Hoche, la

correspondance échangée entre les deux frères et une foule d'autres pièces précieuses à jamais perdues

pour l'histoire. Ce fut un des larrons de Thermidor, le député Rovère, qui le premier se plaignit qu'on

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