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Ernest Hamel - Thermidor

[Note 220: Discours du 8 thermidor.]

[Note 221: Discours de Barère à la séance du 10 thermidor (28 juillet 1794) Voy. le Moniteur du
12.]

[Note 222: Ibid.]

Le désir d'en finir avec la Terreur était si loin de la pensée des hommes de Thermidor, que, dans la
matinée du 10, faisant allusion aux projets de Robespierre de ramener au milieu de la République «la

justice et la liberté exilées», ils s'élevèrent fortement contre l'étrange présomption de ceux qui voulaient

arrêter le cours majestueux, terrible de la Révolution française[223].

[Note 223: Discours de Barère à la séance du 10 thermidor ( Moniteur du 12).]

Les anciens membres des comités nous ont du reste laissé un aveu trop précieux pour que nous ne
saisissions pas l'occasion de le mettre encore une fois sous les yeux du lecteur. Il s'agit des séances du

comité de Salut public à la veille même de la catastrophe: «Lorsqu'on faisoit le tableau des circonstances

malheureuses où se trouvait la chose publique, disent-ils, chacun de nous cherchoit des mesures et

proposoit des moyens. Saint-Just nous arrêtoit, jouoit l'étonnement de n'être pas dans la confidence de ces

dangers, et se plaignoit de ce que tous les coeurs étoient fermés, suivant lui; qu'il ne connaissoit rien, qu'il

ne concevoit pas cette manière prompte d'improviser la foudre à chaque instant, et il nous conjuroit, au

nom de la République, de revenir à des idées plus justes, à des mesures plus sages[224]». C'étaient ainsi,

ajoutent-ils, que le traître les tenait en échec, paralysait leurs mesures et refroidissait leur

zèle[225]. Saint-Just se contentait d'être ici l'écho des sentiments de son ami, qui, certainement, n'avait

pas manqué de se plaindre devant lui de voir certains hommes prendre plaisir à multiplier les actes

d'oppression et à rendre les institutions révolutionnaires odieuses par des excès[226].

[Note 224: Réponse des membres des deux anciens comités de Salut public et de Sûreté générale aux
imputations de Laurent Lecointre
, note [illisible] Voy. p. 107.]

[Note 225: Voy. notre Histoire de Saint-Just.]

[Note 226: Discours du 8 thermidor.]

Un simple rapprochement achèvera de démontrer cette vérité, à savoir que le 9 Thermidor fut le triomphe
de la Terreur. Parmi les innombrables lettres, trouvées dans les papiers de Robespierre, il y avait une

certaine quantité de lettres anonymes pleines d'invectives, de bave, de fiel, comme sont presque toujours

ces oeuvres de lâcheté et d'infamie. Plusieurs de ces lettres provenant du même auteur, et remarquables

par la beauté et la netteté de l'écriture, contenaient, au milieu de réflexions sensées et de vérités, que

Robespierre était le premier à reconnaître, les plus horribles injures contre le comité de Salut public. A la

suite de son rapport, Courtois ne manqua pas de citer avec complaisance une de ces lettres où il était dit

que Tibère, Néron, Caligula, Auguste, Antoine et Lépide n'avaient jamais rien imaginé d'aussi horrible

que ce qui se passait[227]. Et Courtois de s'extasier, - naturellement[228].

[Note 227: Pièce à la suite du rapport de Courtois, numéros XXXI et XXXII.]

[Note 228: P. 18 du rapport.]

Ces lettres étaient d'un homme de loi, nommé Jacquotot, demeurant rue Saint-Jacques. Robespierre ne se
préoccupait guère de ces lettres et de leur auteur, dont, sur plus d'un point du reste, il partageait les idées.

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