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Ernest Hamel - Thermidor

liberté par le crime[124].» Nous pourrions multiplier ces citations, mais il n'en faut pas davantage pour
démontrer de la façon la plus péremptoire que Robespierre n'a jamais déserté le comité dans le sens réel

du mot.

[Note 122: Note de Robespierre sur différents députés. (Voy. Papiers inédits, t. II, p. 17, et
numéro LI, à la suite du rapport de Courtois.)]

[Note 123: Registre des délibérations et arrêtés, ubi supra.]

[Note 124: Séance des Jacobins du 3 thermidor. Voy. le Moniteur du 9 (27 juillet 1794).]

Au reste, ses anciens collègues ont accumulé dans leurs explications évasives et embarrassées juste assez
de contradictions pour mettre à nu leurs mensonges. Ainsi, tandis que d'un côté ils s'arment contre lui de

sa prétendue absence du comité pendant quatre décades, nous les voyons, d'un autre côté, lui reprocher

d'avoir assisté muet aux délibérations concernant les opérations militaires, et de s'être abstenu de

voter[125]. «Dans les derniers temps», lit-on dans des Mémoires sur Carnot, «il trouvait des prétextes

pour ne pas signer les instructions militaires, afin sans doute de se ménager, en cas de revers de nos

armées, le droit d'accuser Carnot[126]». Donc il assistait aux séances du comité.

[Note 125: Réponse des membres des deux anciens comités, p. 10.]

[Note 126: Mémoires sur Carnot, par son fils, t. I, p. 523. Nous avons peu parlé de ces Mémoires,
composés d'après des souvenirs thermidoriens, et dénués par conséquent de toute valeur historique. On

regrette d'y trouver des erreurs et, il faut bien le dire, des calomnies qu'avec une étude approfondie des

choses de la Révolution, M. Carnot fils se serait évité de laisser passer. Le désir de défendre une

mémoire justement chère n'autorise personne à sortir des bornes de l'impartialité et de la justice.

De tous les anciens membres du comité de Salut public, Carnot, j'ai regret de le dire, est certainement un
de ceux qui, après Thermidor, ont calomnié Robespierre avec le plus d'opiniâtreté. Il semble qu'il y ait eu

chez lui de la haine du sabre contre l'idée. Ah! combien Robespierre avait raison de se méfier de

l'engouement de notre nation pour les entreprises militaires!

Dans son discours du 1er vendémiaire an III (22 septembre 1794), deux mois après Thermidor, Carnot se
déchaîna contre la mémoire de Maximilien avec une violence inouïe. Il accusa notamment Robespierre

de s'être plaint avec amertume, à la nouvelle de la prise de Niewport, postérieure au 16 messidor, de ce

qu'on n'avait pas massacré toute la garnison. Voy. le Moniteur du 4 vendémiaire (25 septembre

1794). Carnot a trop souvent fait fléchir la vérité dans le but de sauvegarder sa mémoire aux dépens

d'adversaires qui ne pouvaient répondre, pour que nous ayons foi dans ses paroles. A sa haine invétérée

contre Robespierre et contre Saint-Just, on sent qu'il a gardé le souvenir cuisant de cette phrase du

second: «Il n'y a que ceux qui sont dans les armées qui gagnent les batailles». Lui-même, du reste,

Carnot, n'écrivait-il pas, à la date du 8 messidor, aux représentants Richard et Choudieu, au quartier

général de l'armée du Nord, de concert avec Robespierre et Couthon: «Ce n'est pas sans peine que nous

avons appris la familiarité et les égards de plusieurs de nos généraux envers les officiers étrangers que

nous regardons et voulons traiter comme des brigands....» Catalogue Charavay (janvier-février 1863).]

Mais ce qui lève tous les doutes, ce sont les registres du comité de Salut public, registres dont Lecointre
ne soupçonnait pas l'existence, que nous avons sous les yeux en ce moment, et où, comme déjà nous

avons eu occasion de de le dire, les présences de chacun des membres sont constatées jour par jour. Eh

bien! du 13 prairial au 9 thermidor, Robespierre, manqua de venir au comité SEPT FOIS, en tout et pour

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