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Ernest Hamel - Thermidor

défense, et ils ont donné aux malédictions hypocrites de leurs ennemis un semblant de raison.

[Note 31: Voyez le rapport de Couthon et le décret portant réorganisation du tribunal, dans le
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du 24 prairial (12 juin 1794.)]

[Note 32: Voici ce que, le 20 germinal de l'an II (9 avril 1794), écrivait «aux citoïens composant le
tribunal révolutionnaire» le plus célèbre des défenseurs officieux, celui auquel la réaction a tressé le plus

de couronnes, Chauveau-Lagarde: «Avant même que le tribunal eût arrêté de demander aux défenseurs

officieux des certificats de civisme, j'ai prouvé par ma conduite combien cette mesure est dans mes

principes: j'avois déjà obtenu de l'assemblée générale de ma section l'inscription préliminaire; j'aurois

même depuis longtemps mon certificat si la distribution n'en avoit été suspendue par l'ordre de la

commune, et je ne doute pas que, lorsque je le demanderai, l'on ne me l'accorde sans difficulté, si l'on ne

consulte que les preuves de patriotisme que j'ai données avant et depuis la Révolution.

«Mais j'ai le malheureux honneur d'être défenseur au tribunal révolutionnaire, et cette qualité seule suffit
pour inspirer de l'ombrage aux patriotes qui ne savent pas de quelle manière j'ai exercé ces fonctions.

«D'ailleurs, parmi tous ceux qui suivent aujourd'hui la même carrière, il n'en est pas à qui ce titre puisse
nuire autant qu'à moi; si l'on sait bien que j'ai défendu la Capet et la Cordai, l'on ignore

que le tribunal m'avoit nommé d'office leur défenseur, et cette erreur est encore propre à m'aliéner l'esprit

de ceux de mes concitoïens qui seroient, du reste, les plus disposés à me rendre justice.

«Cependant, citoïens, votre intention, en exigeant de nous un certificat de civisme, n'est pas qu'un
titre honnorable et votre confiance, plus honnorable encore, me tachent d'incivisme.

«Je demande que le tribunal veuille bien m'accorder, s'il croit que je ne l'ai pas démérité, un témoignage
ostensible de sa bienveillance, en déclarant dans les termes et dans la forme qu'il jugera convenables, de

quelle manière je remplis comme citoïen mes devoirs de défenseur, et jusqu'à quel point je suis digne,

sous ce rapport de son estime. - Chauveau.

«Ce 20 germinal, l'an deux de la République, une et indivisible.»

La suscription porte: Au citoïen Dumas, président du tribunal révolutionnaire.»

L'original de cette lettre est aux Archives.]

Couthon avait à peine terminé la lecture du décret, qu'un patriote connu, le député Ruamps, en réclamait
l'ajournement. Lecointre (de Versailles) appuya la proposition. Alors Barère demanda s'il s'agissait d'un

ajournement indéfini. «Non, non», s'écrièrent plusieurs voix. «Lorsqu'on propose une loi tout en faveur

des patriotes», reprit Barère, «et qui assure la punition prompte des conspirateurs, les législateurs ne

peuvent avoir qu'un voeu unanime»; et il demanda que l'ajournement ne dépassât pas trois jours. - «Deux

seulement», répliqua Lecointre.

On voit avec quelle impudence mentirent les membres du comité quand, après Thermidor, ils
prétendirent que le décret avait été présenté pour ainsi dire à leur insu. Robespierre quitta le fauteuil pour

combattre toute espèce d'ajournement, et l'on put connaître par ses paroles que les tentatives d'assassinat

dont certains représentants avaient été l'objet n'étaient pas étrangères aux dispositions rigoureuses de la

loi. Le nouveau décret augmentait, dans une proportion assez notable, le nombre des jurés. Or, chaque

jour, le tribunal passait quelques heures sans pouvoir remplir ses fonctions, parce que les jurés n'étaient

pas au complet. Robespierre insista surtout sur cette considération. Depuis deux mois l'Assemblée

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