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Ernest Hamel - Thermidor
gendarme Merda manquant Robespierre, représenté celui-ci «tenant dans ses mains le sac de son pistolet, qui rappeloit à ses yeux par l'adresse du marchand qui l'avoit vendu, et dont l'enseigne étoit Au Grand Monarque, le terme qu'avoit choisi son ambition» (p. 73). Honnête Courtois! - Sur le revers de ce sac on pouvait lire le nom du propriétaire, M. Archier. Il est fort probable que c'est un citoyen de ce nom, peut-être l'ancien député des Bouches-du-Rhône à la Législative, qui, ému de pitié, aura, à défaut de linge, donné ce sac à la victime.]
[Note 598: Faits recueillis aux derniers instants de Robespierre et de sa faction, du 9 au 10 thermidor (ubi suprà). - Voy. aussi, au sujet des mauvais traitements infligés au vaincu, les notes relatives à Maximilien Robespierre lorsqu'il fut apporté au comité de Salut public, pièce XLI, p. 215, à la suite du rapport de Courtois.]
[Note 599: Notes relatives à Maximilien Robespierre, ubi suprà.]
[Note 600: Nous empruntons ce trait à M. Michelet, à qui il fut raconté par le général Petiet, lequel le tenait de l'employé remercié par Robespierre. (Histoire de la Révolution, t. VII, p. 514.)]
Saint-Just et Dumas se trouvaient là. Quand on les avait amenés, quelques-uns des conjurés, s'adressant aux personnes qui entouraient Robespierre, s'étaient écriés ironiquement: «Retirez-vous donc, qu'ils voient leur roi dormir sur une table comme un homme»[601]. A la vue de son ami étendu à demi mort, Saint-Just ne put contenir son émotion; le gonflement de ses yeux rougis révéla l'amertume de son chagrin[602]. Impassible devant l'outrage, il se contenta d'opposer aux insulteurs le mépris et le dédain. On l'entendit seulement murmurer, en contemplant le tableau des Droits de l'homme, suspendu à la muraille: «C'est pourtant moi qui ai fait cela[603]!» Ses amis et lui tombaient par la plus révoltante violation de ces Droits, désormais anéantis, hélas!
[Note 601: Faits recueillis aux derniers instants de Robespierre et de sa faction.]
[Note 602: Ibid.]
[Note 603: Notes relatives à Maximilien Robespierre, ubi suprà.]
XIII
Vers cinq heures du matin, les Thermidoriens, craignant que leur victime n'eût pas la force de supporter le trajet de l'échafaud, firent panser sa blessure par deux chirurgiens. Élie Lacoste leur dit: «Pansez bien Robespierre, pour le mettre en état d'être puni»[604]. Pendant ce pansement, qui fut long et douloureux, Maximilien ne dit pas un mot, ne proféra pas une plainte. Cependant quelques misérables continuaient de l'outrager. Quand on lui noua au-dessus du front le bandeau destiné à assujettir sa mâchoire brisée, une voix s'écria: «Voilà qu'on met le diadème à Sa Majesté». Et une autre: «Le voilà coiffé comme une religieuse»[605]. Il regarda seulement les opérateurs et les personnes présentes avec une fermeté de regard qui indiquait la tranquillité de sa conscience et le mettait fort au-dessus des lâches dont il avait à subir les insultes[606]. On ne put surprendre chez lui un moment de défaillance. Ses meurtriers eux-mêmes, tout en le calomniant, ont été obligés d'attester son courage et sa résignation[607].
[Note 604: Faits recueillis aux derniers instants de Robespierre et de sa faction.]
[Note 605: Faits recueillis aux derniers instants de Robespierre.]
[Note 606: Rapport des officiers de santé Vergez et Martigues (pièce XXXVI, à la suite du rapport de
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