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Ernest Hamel - Thermidor

Nous verrons tout à l'heure comment le premier fut refusé par le concierge de la maison du Luxembourg
et comment ses amis se trouvèrent successivement délivrés.

[Note 513: Léonard Gallois, Histoire de la Convention, t. VII, p. 268.]

[Note 514: Nous empruntons notre récit à la déposition fort désintéressée d'un des aides de camp du
général Hanriot, nommé Ulrik, déposition faite le 10 thermidor à la section des Gravilliers. (Voy.

pièce XXVII, à la suite du rapport de Courtois sur les événements du 9 Thermidor, p. 126.) Il y a sur

l'arrestation du général Hanriot une autre version d'après laquelle il aurait été arrêté rue Saint-Honoré, par

des gendarmes de sa propre escorte, sur la simple invitation de Courtois qui, d'une fenêtre d'un restaurant

où il dînait, leur aurait crié «de la manière la plus énergique, d'arrêter ce conspirateur». Cette version,

adoptée par la plupart des historiens, est tout à fait inadmissible. D'abord elle est de Courtois (voy. p. 65

de son rapport); ensuite elle est formellement contredite par le récit que Merlin (de Thionville) fit de

l'arrestation d'Hanriot à la séance du soir (procès-verbal de Charles Duval, p. 27); et par un des collègues

de Courtois, cité par Courtois lui-même, par le député Robin, qui déclare que Courtois courut au

Palais-Égalité pour inviter la force armée à marcher sur Hanriot (note de la p. 66 dans le second rapport

de Courtois). La version résultant de la déposition d'Ulrik est la seule qui soit conforme à la vérité des

faits. (Voy. aussi cette déposition dans les Papiers inédits, t. III, p. 307.) Voici d'ailleurs une

déclaration enfouie jusqu à ce jour dans les cartons des Archives, et qui ajoute encore plus de

poids à la version que nous avons adoptée, c'est celle du citoyen Jeannelle, brigadier de gendarmerie,

commandant le poste du comité de Sûreté générale, où avaient été consignés les cinq députés décrétés

d'arrestation: «Vers cinq heures, Hanriot avec ses aides de camp, sabre en main, viennent pour les

réclamer, forçant postes et consignes, redemandant Robespierre. Un autre député est entré dans notre

salle, a monté sur la table, a ordonné de mettre la pointe de nos sabres sur le corps d'Hanriot et de lui

attacher les pieds et les mains. Ce qui fut fait avec exactitude, ainsi qu'à ses aides de camp.»

Archives
, F 7, 32.]

[Note 515: D'après le récit de Courtois, Le Bas a été conduit à la Conciergerie (p. 67). Il aurait été mené à
la Force suivant Mme Le Bas.]

VI

Tandis que la Commune de Paris s'efforçait d'entraîner la population parisienne à résister par la force au
coup d'État de la Convention, les comités de Salut public et de Sûreté générale ne restaient pas inactifs,

et, aux arrêtés de la municipalité, ils répondaient par des arrêtés contraires. Ainsi: défense de fermer les

barrières et de convoquer les sections, ils avaient peur du peuple assemblé; ordre d'arrêter ceux qui

sonneraient le tocsin et les tambours qui battraient le rappel; défense aux chefs de légion d'exécuter les

ordres donnés par Hanriot, etc. En même temps ils lançaient des mandats d'arrestation contre le maire,

Lescot-Fleuriot, contre tous les membres de l'administration de police et les citoyens qui ouvertement

prenaient part à la résistance, et ils invitaient les comités de section, notamment ceux des Arcis et

de l'Indivisibilité, à faire cesser les rassemblements en apprenant au peuple que les représentants

décrétés d'arrestation par l'Assemblée étaient les plus cruels ennemis de la liberté et de l'égalité.

On verra bientôt à l'aide de quel stratagème les Thermidoriens essayèrent de justifier cette audacieuse

assertion. De plus, les comités convoquaient autour de la Convention la force armée des sections de

Guillaume Tell
, des Gardes françaises et de la Montagne (Butte des Moulins)[516].
Cette dernière section avait, dans tous les temps, montré peu de penchant pour la Révolution, et l'on

songea sans aucun doute à tirer parti de ses instincts réactionnaires. Enfin le commandant de l'école de

Mars, le brave Labretèche, à qui la Convention avait décerné jadis une couronne civique et un sabre

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