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Ernest Hamel - Thermidor

Ce fut alors qu'il ajouta qu'il ne concevait pas cette manière prompte d'improviser la foudre à
chaque instant, et que, au nom de la République, il conjura ses collègues de revenir à des idées et à des

mesures plus justes. Cet aveu, que nous avons déjà relaté, venant des assassins de Robespierre, de

Saint-Just et de Couthon, est bien précieux à recueillir[457]. Suivant Collot-d'Herbois et ses amis, il est

vrai, Saint-Just ne s'exprimait ainsi que pour les tenir en échec, paralyser leurs mesures, et refroidir leur

zèle; mais c'était si peu cela, qu'à cinq heures du matin il sortit, les laissant complètement maîtres du

terrain.

[Note 457: Réponse des membres des deux anciens comités, aux imputations de Laurent
Lecointre
, note 7, p. 107.]

Vers dix heures du matin, les comités de Sûreté générale et de Salut public, je veux dire les membres
appartenant à la conjuration, se réunirent. Comme on délibérait sur la question de savoir si l'on ferait

arrêter le général de la garde nationale, entra Couthon, qui prit avec chaleur la défense d'Hanriot. Une

scène violente s'ensuivit entre lui et Carnot. «Je savais bien que tu étais le plus méchant des hommes»,

dit-il à Carnot. - «Et toi le plus traître», répondit celui-ci[458]. Que Carnot ait agi méchamment dans

cette journée du 9 thermidor, c'est ce que malheureusement il est impossible de contester. Quant au

reproche tombé de sa bouche, c'est une de ces niaiseries calomnieuses, dont, hélas! les Thermidoriens se

sont montrés si prodigues à l'égard de leurs victimes.

[Note 458: Ibid., p. 108.]

Il était alors midi. En cet instant se présenta un huissier de la Convention, porteur d'une lettre de
Saint-Just ainsi conçue: «L'injustice a fermé mon coeur, je vais l'ouvrir à la Convention[459].» Si nous

devons ajouter foi au dire des membres des anciens comités, Couthon, s'emparant du billet, l'aurait

déchiré, et Ruhl, un des membres du comité de Sûreté générale, indigné, se serait écrié: «Allons

démasquer ces traîtres ou présenter nos têtes à la Convention»[460]! Ah! pauvre jouet des Fouché et des

Tallien, vieux et sincère patriote, tu songeras douloureusement, mais trop tard, à cette heure

d'aveuglement fatal, quand, victime à ton tour de la réaction, tu échapperas par le suicide à l'échafaud où

toi-même tu contribuas à pousser les plus fermes défenseurs de la République.

[Note 459: Ibid. note 7, page 108.]

[Note 460: Réponse aux imputations de Laurent Lecointre, note 7, p. 108.]

CHAPITRE SEPTIÈME

Un mot de Bourdon (de l'Oise). - Cause du succès de la faction. - Séance du 9 thermidor. - Tallien à la
tribune. - La parole ôtée à Robespierre. - Rapport de Barère. - L'accusation de Billaud-Varenne. - Cri de

Garnier (de l'Aube). - Le montagnard Louchet. - Les décrets d'arrestation et d'accusation. - Dévouements

sublimes. - Les proscrits à la barre. - Réunion de la Commune. - La dernière charrette. - L'arrestation

d'Hanriot. - Mesures prises par les comités. - Attitude des Jacobins. - Mouvement des sections. - Conseil

exécutif provisoire. - Délivrance des députés détenus. - Robespierre à la Commune. - Il s'oppose à

l'insurrection. - Le décret de mise hors la loi. - Appel à la section des Piques. - Proclamation

conventionnelle. - Assassinat de Robespierre. - Mort de Le Bas. - Longue agonie de Maximilien. - Le

tribunal révolutionnaire à la barre. - Exécution de Robespierre et de ses amis. - Moralité du 9 thermidor. -

Conclusion.

I

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