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Ernest Hamel - Thermidor

D. N'est-ce pas chez ton oncle que logeaient les Robespierre?

R. Oui, mais Robespierre jeune en est sorti après son retour de l'armée d'Italie pour aller loger rue
Florentin.

D. N'as-tu pas connaissance que le 8 thermidor ou quelques jours auparavant plusieurs membres du
comité de Salut public dinèrent chez Robespierre aîné?

R. Non. Excepté Barère qui y dîna dix, douze ou quinze jours auparavant sans préciser le jour.

D. N'as-tu pas connaissance que Saint-Just et Le Bas y dînèrent à la même époque?

R. Non.

D. Dans le dîner où s'est trouvé Barère, ne l'as-tu pas entendu proposer à Robespierre de se raccommoder
avec les membres de la Convention et des Comités, qui paraissaient lui être opposés?

R. Non. Je crois même que le dîner dont il s'agit précéda la division qui, depuis, a éclaté au Comité.

D. Ne sais-tu pas que Robespierre, indépendamment de la police générale de la République, dont il s'était
chargé, voulait encore diriger les armées, et que c'est de là qu'est née la division dont il s'agit?

R. Non. Je crois même que Robespierre n'entendait rien à l'art militaire.

D. Ne l'as-tu pas entendu différentes fois, le même Robespierre, déclamer contre les victoires des armées
de la République, les tourner en ridicule, et dire, dans d'autres moments, que le sacrifice de 6,000

hommes n'était rien quand il s'agissait d'un principe?

R. Non. Je l'ai vu, au contraire, différentes fois, se réjouir de nos victoires, et je ne l'ai jamais entendu
tenir ce dernier propos. Simon Duplay nie que Robespierre ait fait enlever des cartons à la police, que

Robespierre reçût des Anglais, des étrangers. Parfois des étrangers qui, obligés de sortir de Paris,

réclamaient l'exception.

Il n'a vu ni Fleuriot, ni Hanriot, venir chez Robespierre.

(Archives W, 79.)]

Néanmoins, par instant, un nuage semblait voiler sa physionomie, et il se sentait pris de je ne sais quelle
vague inquiétude, de cette inquiétude qu'on ne peut s'empêcher de ressentir la veille d'une bataille.

En rentrant dans la maison de son hôte, il trouva le citoyen Taschereau, dont nous avons déjà eu occasion
de parler, et il lui fit part de son dessein de prendre la parole le lendemain à l'Assemblée. - «Prenez

garde», lui dit Taschereau, «vos ennemis ont beaucoup intrigué, beaucoup calomnié». - «C'est égal»,

reprit Maximilien, «je n'en remplirai pas moins mon devoir».

III

Depuis longtemps Robespierre n'avait point paru à la tribune de la Convention, et son silence prolongé
n'avait pas été sans causer quelque étonnement à une foule de patriotes. Le bruit s'étant répandu qu'il

allait enfin parler, il y eut à la séance un concours inusité de monde. Il n'était pas difficile de prévoir

qu'on était à la veille de grands événements, et chacun, ami ou ennemi, attendait avec impatience le

résultat de la lutte.

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