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Ernest Hamel - Thermidor

nation assemblée, le salut public est assuré.»

Le 10 août, le peuple fit violemment ce que Robespierre aurait voulu voir exécuter par la puissance
législative. Il le félicita de son heureuse initiative et complimenta l'Assemblée d'avoir enfin effacé, au

bruit du canon qui détruisait la vieille monarchie, l'injurieuse distinction établie, malgré lui, par la

Constituante entre les citoyens actifs et les citoyens non actifs.

Dans la soirée même, sa section, celle de la place Vendôme, le nomma membre du nouveau conseil
général de la commune. Élu président du tribunal institué pour juger les conspirateurs, il donna

immédiatement sa démission en disant qu'il ne pouvait être juge de ceux qu'il avait dénoncés, et qui,

«s'ils étaient les ennemis de la patrie, s'étaient aussi déclarés les siens».[3]

[Note 3: Lettre insérée dans le Moniteur du 28 août 1792.]

Nommé également membre de l'assemblée électorale chargée de choisir les députés à la Convention
nationale, Il prit peu de part aux délibérations de la Commune. Le bruit des affreux massacres de

septembre vint tardivement le frapper au milieu de ses fonctions d'électeur. A cette nouvelle, il se rendit

au conseil général où, avec Deltroy et Manuel, il reçut la mission d'aller protéger la prison du Temple qui

fut, en effet, épargnée par les assassins.[4]

[Note 4: Procès-verbaux du conseil général de la commune de Paris. Archives de la ville, v. 22,
carton 0.70.]

Jusqu'ici, rien de sanglant n'apparaît ni dans ses actes ni dans ses paroles. Maintenant, jusqu'où doit aller,
devant l'histoire, sa part de responsabilité dans les mesures sévères, terribles que, pour sauver la

Révolution et la patrie, la Convention allait bientôt prendre ou ratifier? C'est ce dont le lecteur jugera

d'après ce récit, écrit d'après les seules sources officielles, authentiques et originales.

IV

Élu membre de la Convention nationale par les électeurs de Paris, Robespierre fut, dès les premières
séances, l'objet d'une violente accusation de la part des hommes de la Gironde. Déjà Guadet, aux

Jacobins, lui avait reproché amèrement d'être l'idole du peuple, et l'avait exhorté naïvement à se

soustraire par l'ostracisme à cette idolâtrie. Lasource l'accusa d'aspirer à la dictature. A l'accusation

dirigée contre lui, il opposa toute sa vie passée. «La meilleure réponse à de vagues accusations est de

prouver qu'on a toujours fait des actes contraires. Loin d'être ambitieux, j'ai toujours combattu les

ambitieux. Ah! si j'avais été l'homme de l'un de ces partis qui, plus d'une fois, tentèrent de me séduire, si

j'avais transigé avec ma conscience et trahi la cause du peuple, je serais à l'abri des persécutions....»

Barbaroux et Louvet vinrent à la rescousse. Le frivole auteur de Faublas, devançant les
Thermidoriens, voulait absolument que la Convention frappât d'un acte d'accusation l'adversaire de son

parti, parce qu'on l'avait proclamé l'homme le plus vertueux de France et que l'idolâtrie dont un citoyen

était l'objet pouvait être mortelle à la patrie, parce qu'on l'entendait vanter constamment la souveraineté

du peuple, et qu'il avait abdiqué le poste périlleux d'accusateur public. Malgré le vide et le ridicule de ces

accusations, une partie de la Convention applaudit à la robespierride de Louvet, que le ministre Roland

fit répandre dans les provinces à quinze mille exemplaires.

Écrasante fut la réponse de Robespierre. Il n'eut pas de peine à prouver qu'à l'époque où l'on prétendait
qu'il exerçait la dictature, toute la puissance était entre les mains de ses adversaires. Après avoir reproché

à ceux-ci de ne parler de dictature que pour l'exercer eux-mêmes sans frein, il termina par un appel à la

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