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Pierre Choderlos de Laclos - Les Liaisons dangereuses
moment de lui écrire approche, mon coeur bat que ça ne se conçoit pas. Il le faut pourtant bien, puisque je l'ai promis. Adieu.
De... ce 20 août 17**.
LETTRE XIX
CÉCILE DE VOLANGES
AU CHEVALIER DANCENY
Vous étiez si triste, hier, Monsieur, et cela me faisait tant de peine, que je me suis laissée aller à vous promettre de répondre à la Lettre que vous m'avez écrite. Je n'en sens pas moins aujourd'hui que je ne le dois pas: pourtant, comme je l'ai promis, je ne veux pas manquer à ma parole, et cela doit bien vous prouver l'amitié que j'ai pour vous. A présent que vous le savez, j'espère que vous ne me demanderez pas de vous écrire davantage. J'espère aussi que vous ne direz à personne que je vous ai écrit; parce que sûrement on m'en blâmerait, et que cela pourrait me causer bien du chagrin. J'espère surtout que vous-même n'en prendrez pas mauvaise idée de moi, ce qui me ferait plus de peine que tout. Je peux bien vous assurer que je n'aurais pas eu cette complaisance-là pour tout autre que vous. Je voudrais bien que vous eussiez celle de ne plus être triste comme vous étiez; ce qui m'ôte tout le plaisir que j'ai à vous voir. Vous voyez, Monsieur, que je vous parle bien sincèrement. Je ne demande pas mieux que notre amitié dure toujours; mais, je vous en prie, ne m'écrivez plus.
J'ai l'honneur d'être, CÉCILE DE VOLANGES.
De... ce 20 août 17**.
LETTRE XX
LA MARQUISE DE MERTEUIL
AU VICOMTE DE VALMONT
Ah! fripon, vous me cajolez, de peur que je ne me moque de vous! Allons, je vous fais grâce: vous m'écrivez tant de folies, qu'il faut bien que je vous pardonne la sagesse où vous tient votre Présidente.
Je ne crois pas que mon Chevalier eût autant d'indulgence que moi; il serait homme à ne pas approuver notre renouvellement de bail, et à ne rien trouver de plaisant dans votre folle idée. J'en ai pourtant bien ri, et j'étais vraiment fâchée d'être obligée d'en rire toute seule. Si vous eussiez. été là, je ne sais où m'aurait
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