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Charles Perrault - Contes

Le gentilhomme qui faisait l'essai de la pantoufle, ayant regardé attentivement Cendrillon, et la trouvant
fort belle, dit que cela était très juste. et qu'il avait ordre de l'essayer à toutes les filles. Il fit asseoir

Cendrillon, et, approchant la pantoufle de son petit pied, il vit qu'il y entrait sans peine, et qu'elle y était

juste comme de cire.

L'étonnement des deux soeurs fut grand, mais plus grand encore quand Cendrillon tira de sa poche l'autre
petite pantoufle qu'elle mît à son pied.

Là-dessus arriva la marraine, qui ayant donné un coup de baguette sur les habits de Cendrillon, les fit
devenir encore plus magnifiques que tous les autres.

Alors ses deux soeurs la reconnurent pour la belle personne qu'elles avaient vue au bal. Elles se jetèrent à
ses pieds pour lui demander pardon

de tous les mauvais traitements qu'elles lui avaient fait souffrir. Cendrillon les releva et leur dit, en les
embrassant, qu'elle leur pardonnait de bon coeur, et qu'elle les priait de l'aimer bien toujours.

On la mena chez le jeune prince, parée comme elle était. Il la trouva encore plus belle que jamais ; et, peu
de jours après, il l'épousa.

Cendrillon, qui était aussi bonne que belle. fit loger ses deux soeurs au palais, et les maria, dès le jour
même, à deux grands seigneurs de la cour.

LE CHAT BOTTE

Un meunier ne laissa pour tous biens, à trois enfants qu'il avait, que son moulin, son âne et son chat.

Les partages furent bientôt faits ; ni le notaire ni le procureur n'y furent point appelés. Ils auraient eu
bientôt mangé tout le pauvre patrimoine.

L'aîné eut le moulin, le second eut l'âne, et le plus jeune n'eut que le chat.

Ce dernier ne pouvait se consoler d'avoir un si pauvre lot : "Mes frères, disait-il, pourront gagner leur vie
honnêtement en se mettant ensemble ; pour moi, lorsque j'aurai mangé mon chat, et que je me serai fait

un manchon de sa peau. il faudra que je meure de faim."

Le Chat, qui entendait ce discours, mais qui n'en fit pas semblant, lui dit d'un air posé et sérieux :

- Ne vous affligez point, mon maître ; vous n'avez qu'à me donner un sac et me faire faire une paire de
bottes pour aller dans les broussailles, et vous verrez que vous n'êtes pas si mal partagé que vous croyez.

Quoique le maître du Chat ne fit pas grand fond là-dessus, il lui avait vu faire tant de tours de souplesse
pour prendre des rats et des souris, comme quand il se pendait par les pieds, ou qu'il se cachait dans la

farine pour faire le mort, qu'il ne désespéra pas d'en être secouru dans sa misère.

Lorsque le Chat eut ce qu'il avait demandé, il se botta bravement, et, mettant son sac à son cou, il en prit
les deux cordons avec ses deux pattes de devant, et s'en alla dans une garenne où il y avait grand nombre

de lapins. Il mit du son et des lacerons dans son sac, et, s'étendant comme s'il eût été mort, il attendit que

quelque jeune lapin, peu instruit encore des ruses de ce monde, vînt se fourrer dans son sac pour manger

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