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Charles de Rémusat - Abélard, I
d'un ton triste et doux les sentiments qu'il se croit permis avec Héloïse; et maintenant qu'il a établi entre elle et lui ce commerce pieux et savant de saint Jérôme avec Paule ou Marcelle, il s'y abandonne complaisamment, et même dans les limites de la science et de la religion, il laisse voir encore un désir passionné de lui plaire.
[Note 200: Nous avons vu qu'on ne sait pas l'époque précise de cette rupture; mais elle fut antérieure à 1138 et probablement de plusieurs années.]
[Note 201: Ab. Op., part II, ep. VI, Ad virgin. paracl., p. 251. Comparez avec la fin de la lettre VIII, p. 197, ep. VII ad easdem. - De laude S. Stephani, p. 203. - Sermones per annum legendi, p. 730. Quelques-uns cependant de ces sermons sont composés pour des moines, notamment le sermon XXXI, en l'honneur de saint Jean-Baptiste. p. 940.]
[Note 202: Heloissae problemata cum M.P. Aboelardi solutionibus, p. 384.]
[Note 203: Voyez la dédicace des sermons (p. 129) et la lettre d'envoi des chants d'Église. (Bibl. de l'École des chartes, t. III, 2e liv., 1842, et Ann. de philos. chrét., janvier 1844.) Le manuscrit de Bruxelles, qui contient ces poésies sacrées, renferme quatre-vingt-quatorze hymnes ou séquences (proses ou cantiques) pour tout le cours de l'année. Ce ne sont pas les seuls vers d'Abélard. La Gallia Christiana lui attribue un distique fort insignifiant sur une alliance entre le roi de France et le roi d'Angleterre. M. Cousin a publié une longue épître à son fils Astrolabe. Duchesne et Duboulai, sur l'autorité du docteur Clichton, lui attribuent également une prose rimée sur le mystère de l'incarnation, chantée autrefois dans plusieurs églises. Je préfère cette autre pièce intitulée Rhythme sur la Sainte-Trinité et que Durand et Martène ont tirée d'un manuscrit de l'abbaye du Bec:
[Grec: Alpha] et [Grec: Omega], Magne Deus, Heli, Heli, Deus meus, Cujus virtus totum posse, cujus sensus totum nosse, Cujus esse summum bonum, cujus opus quidquid bonum, etc.
Gall. Christ, t. VII, p. 595. - Fragm. philos., t. III, p. 440. - Ab. Op., p. 1138. - Hist. Universit. parisiens., t. II, p. 761. - Hist. litt., t. XII, p. 133-136. - Amplisc. Coll., t. IX, p. 1001. - Cf. Religions antiques, par M. Th. Wright et Hollivol, Londres, 1841, in-8, t. I, p. 15-21, et surtout l'article de M. E. Duméril, Journ, des sav. de Normand., 2e liv. 1844.]
[Note 204: Voyez ci-après, l. III, et Thesaur. nov. anecd., t. V, p. 1363.]
Nous sommes peut-être au temps le plus tranquille de sa vie. Délivré des soucis de son abbaye, tout entier à l'étude, à la prédication, à la direction du Paraclet, il pouvait ne pas ambitionner d'autre pouvoir, et son repos était assuré. Si l'inimitié assoupie, mais non éteinte, le menaçait encore, il ne manquait ni de protecteurs ni d'amis. Par quelques faits épars, on entrevoit qu'il avait trouvé faveur auprès des puissances du temps; le comte de Champagne, le duc de Bretagne, le roi de France lui-même, le prirent plus d'une fois sous leur garde, et les Garlandes, qui sous Louis le Gros et son fils, formèrent comme une dynastie de ministres, paraissent s'être intéressés à lui comme s'intéressent les ministres. Beaucoup de ses sectateurs étaient maintenant assez avancés dans la carrière pour l'aider de l'autorité, de l'influence ou de la réputation qu'ils avaient acquises: l'Église en comptait plusieurs parmi ses grands dignitaires. Quelques-uns, étrangers à la France et même à la Gaule, avaient rapporté dans leur patrie son souvenir et ses opinions. On disait qu'elles avaient pénétré dans le sacré collége. Ses anciens disciples peuplaient les rangs élevés de l'enseignement, de la littérature et du clergé.
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