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Charles de Rémusat - Abélard, I
encore enseigné soigneusement par plus d'une autorité. Émule reconnaissant de nos maîtres, suivons religieusement leurs traces; nous sommes excité à travailler sur le même sujet, pour ton intérêt, frère, ou plutôt pour l'utilité commune. La perfection des écrits antiques n'a pas été si grande en effet que la science n'ait nul besoin de notre travail. La science ne peut s'accroître chez nous autres mortels au point de n'avoir plus de progrès à faire. Or comme les divisions viennent naturellement avant les définitions, puisque celles-ci tirent de celles-là leur origine constitutive, les divisions auront la première place dans ce traité, les définitions la seconde[505].» Ainsi la division est une analyse dont la définition est comme la synthèse. C'est une idée de Boèce, qui se sépare en cela d'Aristote, peu favorable à la division, peut-être parce que Platon l'employait volontiers[506]. Aristote ne trouve rien de syllogistique, ni par conséquent de démonstratif, dans cette énumération des parties, des modes, des espèces ou des cas, qu'on appelle la division, et qui lui paraît se réduire souvent à l'assertion gratuite. Mais si la division est bonne, la définition est valable, et réciproquement, et elles peuvent se servir mutuellement de moyen de contrôle et de garantie.
[Note 505: Dial., p. 450.]
[Note 506: Analyt. prior., I, XXXI. - Analyt. post., II, V.]
On entend donc ici par la division celle dont Boèce a prouvé que les termes sont les mêmes que ceux de la définition[507]. «Nous entreprenons de traiter des divisions telles que l'autorité de Boèce les a déjà caractérisées, et si nous donnons du nôtre dans ces leçons, qu'on ne le regrette pas (non pigeat).»
[Note 507: De Div., p. 643.]
La division substantielle, ou secundum se, est la division du genre en espèces, du mot en significations, ou du tout en parties. La division selon l'accident est celle du sujet en ses accidents, de l'accident en ses sujets, ou la division de l'accident par le coaccident.
La première division substantielle, celle du genre en espèces, est comme celles-ci: La substance est ou corps, ou esprit; le corps est ou le corps animé ou le corps inanimé.
La division du mot est celle qui découvre les diverses significations d'un mot, ou qui montre qu'un mot signifiant une même chose a diverses applications. Dans le premier cas, elle explique l'équivoque d'un nom: Le chien est le nom d'un animal qui aboie, d'une bête marine (chien de mer), et d'un signe céleste. Dans le second, on divise un mot selon ses modes ou ses applications modales: Infini se dit ou du temps, ou du nombre, ou de la mesure.
La division du tout a lieu, quand le tout est divisé en ses propres parties soit constitutives, soit divisives. Que nous disions: La maison est en partie murs, en partie toit, en partie fondation, ou bien: L'homme est ou Socrate, ou Platon, ou etc., nous faisons une division du tout ou par le tout (totius ou a toto); mais l'une est celle de l'entier, l'autre celle de l'universel; l'une se fait en parties constitutives, l'autre en parties divisives.
Commençons par la division du genre en ses espèces les plus prochaines[508]. Celle-ci peut être aisément confondue avec la division par différence; mais dans la division en espèces par les différences, il ne s'agit pas des espèces elles-mêmes, mais des formes des espèces. Ainsi l'animal est ou homme, ou quadrupède, ou oiseau, etc., est une division du genre en espèces; l'animal est ou homme ou non-homme, est une division par opposition; l'animal est ou rationnel ou non rationnel, une définition par différence.
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