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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif
pour avoir des armes, des accoutrements, des uniformes convenables, vous voyiez tout de suite un certain nombre de membres se récrier, criant au gaspillage, disant que le pays allait à la banqueroute, à la ruine, que la Milice était inutile... que nos braves volontaires n'étaient bons qu'à jouer au soldat, et que dirai-je encore.
Tout ce temps, nos volontaires, toujours animés du plus noble patriotisme, se disaient: Patience! patience! un moment viendra, et le pays, dans sa détresse, nous demandera à grands cris. Alors, nous, comme toujours, nous répondrons: Présents!
Oui, messieurs, à la fin de mars dernier, ce moment est malheureusement venu.... et qu'est-il arrivé? Il est arrivé, messieurs, qu'à ce moment suprême chaque volontaire, d'un bout du pays à l'autre, depuis les colonels jusqu'au dernier des soldats, s'est écrié avec joie: Présents!
A la fin de mars dernier, au milieu de nos troubles le Bon Génie, qui préside aux destinées du pays, s'était chargé de nous donner l'homme qu'ils nous fallait - le brave et habile général Middleton, le général modèle doux, humain, et fortiter in re. Oui, le général Middleton, ce soldat "sans peur et sans reproche," qui, par son tact, sa prudence, ses sages mesures, ses calculs habiles, "sans verser de sang inutilement," a su conduire nos troupes &la victoire, et étouffer un soulèvement qui menaçait d'être général, un de ces soulèvements qui, peu de chose au commencement, pouvait en grandissant prendre des proportions colossales, faire promener la torche incendiaire d'un bout à l'autre du Nord-Ouest, et faire couler des flots de sang à travers ces vastes régions. (Vifs applaudissements.) Mais, grâce à Dieu, un homme presque providentiel se trouvait à la tête des forces, et avec son aide et celle de nos vaillants volontaires, la douce paix, "cette fille aimée du ciel," est rentrée au sein de notre belle confédération. (Bruyants applaudissements.)
Nunquam retrorsum! Non! non, jamais en arrière, officiers et soldats du 65e bataillon! Fidèles à la noble devise qui distingue votre beau bataillon, vous vous êtes levés, comme un seul homme, à la fin de mars dernier, pour aller défendre le drapeau national, laissant sans la moindre hésitation, parents, amis, situation, position, affaires privées, pour obéir au cri du devoir et à la voix de î'honneur qui vous appelaient. (Vifs appl.)
65e bataillon, sur vous est tombé le premier choix d'entre tous les bataillons de la province de Québec! La patrie comptait sur vous et ses espérances n'ont pas été déçues!
Le pays vous a constamment suivi des yeux. Votre souvenir a toujours été présent à l'esprit de vos amis, à travers vos longues marches, tantôt; en butte à un froid sibérien, tantôt sous les rayons d'un soleil d'Afrique.
Vos souffrances morales et physiques de toutes sortes (mal couchés, souvent mal nourris, à peine vêtus, sans pain, sans souliers, couchant sur la dure), vous avez tout souffert, tout bravé! Que de marches, de contremarches, que de milles parcourus en tous sens, et la nuit, et le jour, mais grâce à Dieu, vous nous revenez couverts de gloire......... Vous nous revenez, la joie, l'orgueil et l'honneur de Montréal. (Applaudissements frénétiques.)
Oui, soldats du 65e bataillon, vous nous revenez couverts de gloire......... et c'est avec un légitime orgueil que nous contemplons vos figures basanées, les nobles débris d'uniformes qui vous couvrent à peine, mais qui font votre gloire........ vos visages bronzés, vos visages de vétérans! ah! mais c'est que vous n'avez pas joué au soldat (hourras frénétiques!)
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