|
Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif
exploits ont su faire taire la voix de l'envie et du fanatisme. Vous qui n'aviez vu que le côté brillant de l'art militaire, vous avez vu la mort en face, et vous l'avez envisagée l'âme calme, le coeur ferme et l'oeil serein Honneur à vous!
Vous avez pris sur vos épaulea la croix véritable et vous êtes allés la transporter au champ des martyrs Fafard et Marchand. Soyez fiers de votre campagne mais restez toujours dignes; après avoir remporté les triomphes de la terre, soyez dignes de la couronne des cieux...Ainsi soit-il.
Suivit le chant du Te Deum; encore cette fois toutes les voix se réunirent pour remercier Dieu du retour de nos hommes et l'heureux résultat de cette campagne mémorable.
Un joli incident et qui a été fort goûté de tous ceux qui en ont été témoins: Avant de quitter l'église le lieutenant-colonel Ouimet déposa au pied de la statue de la Sainte Vierge le superbe bouquet qu'il avait recu à l'hôtel-de-ville.
On laisse Notre-Dame, toujours le 85ème en tête avec son magnifique corps de musique; suivent les anciens membres du 65ème bataillon, le 65ème, les fondateurs du bataillon et la foule. On reprend la rue Notre-Dame, on descend la Côte Saint Lambert, la rue Craig et on entre au "Drill Hall."
Le 85e forme encore la garde d'honneur, suivent les représentants des autres corps militaires de Montréal, puis apparaît le 65e qui fait son entrée toujours triomphale, toujours aux acclamations de la foule. Il défile au son de la musique et se forme en colonne.
SALLE DU BANQUET.
On avait orné les tables avec des fleurs et des plantes empruntées à la serre et aux plates-bandes du jardin Viger.
En arrière de la table d'honneur, sur une longue banderole on lisait les mots: "Les anciens du 65e aux braves du Nord-Ouest."
Le menu était quelque chose de substantiel, tel qu'il convient à des estomacs fatigués par des privations de trois mois et plus: jambon, corn-beef, roast-beef, et autres pièces de résistance froides. Le vin, la bière et le claret punch coulaient à flots.
Au-dessus était placée une cartouche avec la devise de notre populaire bataillon: Nunquam retrorsum "Jamais en arrière."
On remarquait parmi les drapeaux, qui composaient le faisceau placé en arrière du siège du président, un drapeau français en soie frangée d'or avec le chiffre "65," présenté au colonel Ouimet par les citoyens de la partie Est.
En avant de la table d'honneur étaient deux petites bannières portant les mots: "A nos braves!"
Le service de ces agapes militaires a été irréprochable; pour en convaincre nos lecteurs il nous suffira de dire qu'il était sous la direction de MM. Michel Beauchamp et William Gill, deux maîtres d'hôtel bien connus, le premier au Richelieu, et l'autre au St. Lawrence Hall.
En entrant dans la salle du banquet, les volontaires du Nord-Ouest se formèrent en colonne à quart de distance de conversion et se débarrassèrent de leurs sacs et de leurs armes.
|