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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif
la rue McGill, toute belle, la partie de la rue Notre-Dame entre la rue McGill et la paroisse, ravissante; il faudrait tout un volume pour décrire toutes ces belles choses et pour dire avec quelle bonne volonté, avec quel coeur on a fait tout ça.
L'ENTRÉE A L'ÉGLISE.
Le 85ième, la garde d'honneur, entra d'abord, précédé de son corps de musique, pénétra par l'allée du centre et défila par une allée latérale; ensuite entra la musique de la Cité suivie des fondateurs du 65ième bataillon, puis les héros de la fête.
Messieurs de Saint-Sulpice, ayant à leur tête le dévoué, patriotique et bon curé Sentenne, avaient fait tout pour recevoir les braves à Notre-Dame. Partout des drapeaux, des inscriptions et des festons et surtout une foule considérable qui remerciait Dieu du retour si heureux de nos troupes.
Le 65ème arrive, tel qu'il est, sale, déchiré, mal coiffé, noir, mais l'oeil vif et la jambe alerte, il suit sa musique, le sourire aux lèvres et vient prendre la place qu'on lui avait désignée.
On entonne Magnificat; vingt mille voix se mêlent au choeur et tous dans un même élan religieux et patriotique, chantent à Marie son principal cantique de louanges.
SERMON.
Après le chant, M. l'abbé Emard monte en chaire et prononce l'éloquente allocution que nous ne pouvons ici que résumer:
L'orateur rappelle, en des termes éloquents, le beau fait d'armes accompli lors des luttes de nos pères par Dollard Desormeaux et ses compagnons, partis eux aussi de l'église Notre-Dame, où nous revient aujourd'hui le 65e bataillon, Dollard et ses compagnons sont tombés sous les flèches de l'ennemi; vous, vous nous revenez chargés des trophées de la victoire.
Nous admirons l'idée qui vous conduit aujourd'hui au pied des autels pour entonner un chant d'action de grâces; car vous prouvez que vous avez combattu non seulement en patriotes, mais en chrétiens; vous avez invoqué le Dieu des combats, et vous venez le remercier.
La Religion et la Patrie sont fières de leurs enfants et défenseurs. Vous avez porté fièrement le drapeau de votre foi. Vous vous êtes montrés dignes de votre devise: "Nunquam retrorsum" La Patrie vous remercie des sacrifices que vous vous êtes imposés pour sa défense.
Ah! quels sacrifices! Vous avez abandonné vos situations, vous vous êtes arrachés des bras de vos mères, de vos familles et de vos enfants, et vous avez volé à l'ennemi.
Vous avez donné à l'Europe un exemple de votre valeur militaire, vous vous êtes montrés dignes de vos ancêtres.
Nous avons contemplé votre courage, quand a sonné l'heure du départ; vous n'avez pas déçu nos espérances.
Nous avons appris avec orgueil votre conduite valeureuse. Soldats, vous êtes des braves! Nous sommes fiers de vous; soyez-le, comme nous le sommes.
Pendant cette brillante campagne, il s'est élevé une note discordante, mais votre noble conduite, vos
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