bibliotheq.net - littérature française
 

Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif

Ces vétérans avec leur teint frais et rosé et leurs joues pleines semblent des jeunes gens à côté des
volontaires qui reviennent du Nord-Ouest.

Le colonel Ouimet répond brièvement et conseille aux vétérans de former un double bataillon, comme
cela se fait à Toronto pour les Queen's Own.

"J'accepte vos compliments, mes amis, dit-il, en ma qualité de colonel du 65e. Les éloges que vous
adressez à mes soldats sont mérités, et il suffit, pour s'en convaincre, de lire les rapports du général

Strange."

Ces paroles sont reçues par des hourras et des "vive le 65e!"

LE DÉFILÉ

Les commandements se font entendre et enfin on se met en marche, les vétérans en avant, la musique du
65e, le colonel Ouimet escorté des officiers délégués de tous les autres régiments, et enfin le bataillon.

En haut de la rue des Casernes, attend la tête de la colonne qui se compose ainsi:

Une section d'artillerie, deux pièces de canon, trente hommes et quatre officiers, le 85ème bataillon, les
officiers et sergents du Prince of Wales, un détachement du 6ème Fusiliers, un détachement des Royal

Scotts, les vétérans du 65e, les membres fondateurs du bataillon, la musique de la Cité, les officiers de la

brigade militaire et le bataillon.

Le passage était littéralement bloqué, l'enthousiasme ne se ralentissait pas et les bravos étaient
ininterrompus: "Il y avait peut-être un plus grand déploiement de richesse à Paris, lors du retour des

soldats de Crimée," nous disait un Français, "mais certainement que la réception n'était pas plus cordiale,

ni l'enthousiasme plus grand."

Lemay et Lafrenière, les deux blessés, avaient pris place dans une superbe voiture. Inutile de dire qu'ils
ont été l'objet d'une ovation. Les dames leur lancèrent tellement de bouquets, que la voiture en étaient

remplie.

L'aumônier du bataillon, l'excellent Père Prévost, toujours fidèle au poste, accompagnait les bons enfants.

Ce digne prêtre pleurait de joie en voyant l'accueil fait à ses jeunes amis et en remerciait Dieu tout bas.

L'entrée triomphale dans la cité de Montréal commença et on parcourut la rue Notre-Dame jusqu'à
l'Hôtel-de-Ville.

Partout des banderoles et des drapeaux tricolores décoraient les maisons.

A L'HÔTEL DE VILLE

A l'Hôtel-de-Ville, le maire demanda au colonel du bataillon de vouloir bien arrêter un instant et monta
au haut du perron. Près de lui vinrent se ranger en haie les officiers supérieurs, les capitaines et les

lieutenants du bataillon.

La foule était énorme et une épingle n'aurait pu tomber à terre.

Quand le silence se fut un peu rétabli, le maire lut l'adresse suivante:

< page précédente | 78 | page suivante >

 
La plupart des textes et des images de ce site font partie du domaine public. Les droits d'auteur pour la présentation des matériaux
et le design du site appartiennent à bibliotheq.net. Toute suggestion et correction est la bienvenue.