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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif

droite les cloches de l'église Saint-Laurent, on reconnaît les maisons, les champs, etc.

La locomotive file toujours.

De temps à autre, un hourra se fait entendre, c'est un brave homme, une bonne femme, un enfant, qui, le
chapeau ou le mouchoir à la main, nous envoie la bienvenue.

On passa Hochelaga, on est à Montréal, on approche du but. Les vivats, les cris de joie, les acclamations
deviennent plus nourris, on voit des groupes aux fenêtres, sur les portes, sur la rive, cela prend du corps,

les groupes deviennent foule et nos braves soldats penchés aux fenêtres des wagons, étonnés, émus de

ces manifestations se regardent et se demandent ce qui les attend encore.

En passant près du parc Mount, des acclamations enthousiastes saluent le train au passage, maintenant
chaque éminence, chaque fenêtre est occupée.

La musique du 65ème entonne la marche triomphale composée spécialement pour cette occasion.

Au loin un murmure qui se change bientôt en grondement se fait entendre et quand enfin on dépasse le
signal qui se trouve près du fleuve et que le train entre en gare, c'est une explosion, un éclat de tonnerre

qui se fait entendre.

A MONTREAL

Il est dix heures précises.

Vingt mille voix jettent un cri formidable:

- Hourra! Hourra!

- Vive le 65ème!

Le canon tonne, au loin les cris redoublent, augmentent et se succèdent pour se décupler encore.

Le train s'arrête, la foule serrée; comprimée, écrasée se rue en avant et escalade les chars.

Les mouchoirs s'agitent, toutes les têtes se découvrent.

- Salut aux braves!

Un détachement de trente hommes de police est impuissant à réprimer le mouvement.

De l'ordre? Ah, bien oui, on s'occupe bien de cela, on veut les voir, les toucher, leur serrer la main.

Les braves colonels des bataillons de Montréal sont entraînés, poussés, bousculés.

"Tant pis! excusez mon colonel!" on donne un coup d'épaule, il faut avancer quand même.

Le maire Beaugrand, toutes décorations dehors, le collier au cou, essaie de se frayer un passage et
parvient enfin jusqu'au colonel Ouimet, qui serré de tous côtés et escorté des majors Hughes et Dugas, ne

peut avancer ni reculer.

Le maire leur serre la main, leur souhaite la bienvenue et va pour parler quand le capitaine Des Rivières
qui est arrivé lui aussi jusque là, Dieu sait par quel miracle, se jette dans les bras du colonel et du major

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