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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif
acclama! on ne pensait plus à la famille que l'on quittait, aux amis de qui l'on s'éloignait, on ne voyait plus devant nous que la patrie qui nous appelait à sa défense tandis que ses enfants nous encourageaient par leurs cris et leurs acclamations.
Après la parade, on retourna aux casernes pour la dernière fois, puis l'on se dirigea vers la gare du G. P.E.
LE RETOUR A MONTRÉAL.
L'auteur ne croit pas pouvoir mieux raconter le récit du retour du 65ème à Montréal que de reproduire ce que contenait un des premiers journaux français de cette ville, le lendemain de l'arrivée du bataillon:
Grande journée que celle d'hier. Rarement, peut-être jamais encore, excepté lors de la visite du prince de Galles, Montréal n'a vu pareil enthousiasme. La ville était en ébullition, les affaires étant suspendues, lo port vide, les chars urbains arrêtés, les commis partis des magasins; les ouvriers avaient déserté l'atelier, les typographes ont suivi le mouvement, les rues regorgeaient de monde, les drapeaux flottaient sur tous les édifices, les maisons étaient pavoisées, la joie partout, les poitrines se gonflaient et poussaient à chaque instant un formidable: VIVE LE 65ÈME! qui se répétait cent fois, mille fois, sur tout le parcours des braves volontaires.
Mais il faut essayer de mettre un peu d'ordre dans notre compte-rendu.
Le voyage, bien que long et pénible, a eu quelques bons moments. Sur la route, quand le train triomphal s'arrêtait, on voyait arriver des députations qui, venaient saluer les braves qui viennent enfin goûter au foyer de leur famille, un repos bien gagné.
A MATTAWA.
C'est ainsi qu'à Mattawa, les citoyens de Sudbury leur ont présenté l'adresse suivante:
Au lieutenant-colonel J. A. Ouimet, aux officiers et sous-officiers du 65ème bataillon.
Messieurs,
A l'occasion de votre retour du Nord-Ouest, permettez à vos amis de Sudbury de vous féliciter de l'heureux apaisement des troubles, qui vous permet de rentrer dans vos foyers, d'aller vous reposer au milieu de vos familles, des fatigues de toutes sortes que vous avez endurées pendant cette campagne lointaine, à laquelle vous avez pris une si glorieuse part.
Croyez, messieurs, que nous vous avons suivis, par la pensée, dans les marches que vous avez faites dans les prairies, par des chemins impraticables, dans les périls incessants qui vous environnaient de tous côtés, dans vos engagements avec l'ennemi, que vous avez su combattre et vaincre, nous vous avons suivis dans toutes ces circonstances avec le plus grand intérêt.
Nous avons constaté avec une joie indicible, qu'au plus fort du danger, vous avez noblement rempli votre devoir, que les balles meurtrières des Indiens n'ont point fait fléchir votre courage un seul instant.
Nous désirerions beaucoup assister à, la grande démonstration que vos amis de Montréal préparent pour votre arrivée, ce sera simplement splendide, comme il s'en est rarement vu; mais s'il nous est impossible d'y assister, du moins, nous pouvons nous joindre à eux pour vous dire de tout notre coeur. Honneur! à vous tous, messieurs, du 65ème.
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