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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif
Juillet 8. - A Prince Albert. - Visite à la prison de Gros-Ours. Juillet 9. - Traversée dea Rapides. Juillet 10. - Passage au Fort à la Corne. Juillet 11. - Marche de cinq milles le long des Grands Rapides. Juillet 12. - A bord de la barge "Red River." - Messe basse à bord. (C'était la seconde à laquelle assistait le bataillon depuis son départ de Montréal.) Juillet 13. - Départ des bateaux et commencement de la traversée du Lac Winnipeg. Juillet 18. - Arrivée à Selkirk. - Le bataillon monte à bord des chars. - Départ. Juillet 16. - Passage à Port Arthur. Juillet 17. - Red Rock. Juillet 18. - Jackfish Bay. Juillet 19. - Passage à North Bay et Mattawa. Juillet 20. - Arrivée du bataillon à Montréal.
PREMIÈRE PARTIE. LA MARCHE.
CHAPITRE I. DE MONTRÉAL A CALGARRY.
La neige tombait en gros flocons... le ciel semblait vouloir couvrir d'un épais linceul bien des douleurs et bien des larmes!
C'était le jour du départ. Après avoir paradé à travers les rues de la métropole, le bataillon arriva en bon ordre à la gare du Pacifique. Une foule innombrable d'amis et de parents remplissait tous les alentours de la gare. Le moment des adieux était arrivé. Quel spectacle! Ici, un vieillard, aux cheveux blancs, donne à son fils sa dernière bénédiction dans un baiser, et une larme perle à sa paupière en lui donnant la dernière poignée de main; la mère, trop faible pour assister à cette scène était restée à la maison. Là, une femme s'évanouit. C'est une malheureuse épouse, qui, comptant trop sur son courage, a voulu accompagner son mari jusqu'au dernier moment. D'autres, plus stoïques, donnent à leur mari le dernier baiser, et plongées dans un désespoir muet, regardent immobiles, les yeux secs, leur époux monter à bord des chars. Sur les degrés d'un waggon, un ami donne une dernière poignée de main à son compagnon de collège en lui souhaitant, de nombreuses couronnes de lauriers à son retour. Et dans l'arrière-plan, la foule répandue un peu partout, grimpée sur les toits, massée sur le parapet, acclame les jeunes soldats et les salue de cris enthousiastes. Enfin tout le monde est à bord. Après quelques minutes d'attente, le sifflet crie et le train se met en marche. Malgré la tristesse de la séparation et l'incertitude de l'avenir, quelques soldats faisant contre mauvaise fortune bon coeur, se mettent à chanter les gais refrains de chansons canadiennes. Bientôt la gaieté devient, générale. A peine sortis de la ville, MM. Davis et Portier nous distribuent des cigares, et en quelques instants, n'eut-ce été l'uniforme, on aurait pu nous prendre pour des touristes en voyage. Dans la veillée, le Lt-Col. Ouimet passe de char en char et présente au bataillon son aumônier le R. P. Provost et son nouveau chirurgien, le Dr. Paré. Partout ils sont accueillis par des cris de joie.
Vers deux heures et demie du matin, l'on arriva à Carleton Place. Le train arrêta et tout le bataillon alla réveillonner à l'hôtel voisin de la gare. Le repas fut des mieux servis et très goûté des soldats qui dévoraient les servantes des yeux tout en mangeant à pleine bouche; le ventre et le coeur s'emplissaient à
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