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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif

obscurité. Le lendemain matin on découvrit les traces des assaillants et le point d'attaque. Quant au
nombre il était difficile de s'en assurer. Ils avaient campé au bord d'un petit lac à environ deux milles du

Fort, et deux des leurs s'étaient avancés jusqu'à un fossé, qui avait été creusé depuis plusieurs mois pour

égoutter les terres, à une soixantaine de verges seulement du camp et avaient fait feu sur la garde. Lors de

la dernière attaque les Sauvages volèrent quatre chevaux qui paissaient dans un champ voisin du fort. Le

lendemain, le capitaine envoya une bande d'éclaireurs sous le commandement du Lieut. Dunn de la

police à cheval d'Alberta et, le même soir, ils ramenèrent au camp les chevaux volés plus deux autres

qu'on avait trouvés à une douzaine de milles au sud. Quant aux voleurs, ils étaient disparus. L'interprète

sauvage à qui appartenaient les chevaux volés hérita des deux autres, car leur propriétaire ne vint jamais

les réclamer.

Quelques jours plus tard, la ligne télégraphique d'Edmonton était terminée. La construction de cette ligne
avait été ordonnée par le Major-Général Strange avant son départ d'Edmonton. Les travaux en avaient été

poussés avec activité. Le chef de l'expédition était un M. Parker. Il était opérateur employé spécialement

par le département de la milice. C'était un de ces rares Anglais qui ont su s'attirer l'estime des volontaires.

Il était fils d'un ministre protestant de Londres. Il était venu s'installer à Battleford: quelques années

passées, et avait au moment de l'insurrection au delà de $4.000 de marchandises dans son établissement.

Son stock consistait en pelleteries et en collections recueillies depuis plusieurs années et qu'il se

proposait d'envoyer au musée Royal de Londres. Les insurgés dévalisèrent son magasin et détruisirent

tout. Les soldats aidèrent à la construction de la ligne. Le 23 de mai tout était terminé et la ligne

fonctionnait. M. Parker s'établit dans la maison de l'interprète et y resta jusqu'au 23 de juin quand il

remonta à Edmonton avec le Capt. Ethier.

Le lendemain de la complétion de la ligne, anniversaire du jour de la naissance de la reine, il y eut grande
parade. Dans l'après-midi, le capitaine reçut, par dépêche secrète, la nouvelle d'une rencontre du bataillon

droit du 65e où ce dernier avait perdu cinquante hommes. On ne donnait la nouvelle que comme rumeur.

Heureusement que, plus tard, les événements la démentirent. Le 25 de mai, le capitaine recevait ordre de

faire réparer le pont de la rivière du Calumet situé à trois milles au nord. Il se rendit sur les lieux et,

voyant que ses hommes n'étaient pas en nombre suffisant pour faire ce travail, il fit venir d'Edmonton

une bande d'ouvriers qui exécutèrent à la lettre le but de leur mission.

Vers ce temps-là, le commandant à Edmonton autorisa le capitaine à engager quatre Sauvages de la
réserve de la Côte de l'Ours pour servir d'éclaireurs. Il choisit quatre hommes sûrs, recommandés par le

chef Peau d'Hermine, et pendant dix jours ils remplirent leur devoir à la lettre et furent bien remerciés par

les autorités.

Le 31 de mai le capitaine Ethier reçut ordre du colonel de se rendre à l'établissement métis de Laboucane,
(autrement, dit St. Thomas de Duhamel, au nom de Mgr Duhamel,) avec mission d'apaiser les esprits

excités de la population de cet établissement métis et d'essayer de ramener les vingt familles qui étaient

allées rejoindre les rebelles.

Le lendemain, le capitaine Cunningham et le lieutenant Bellerose du bataillon des volontaires métis de
St. Albert arrivèrent au Fort Ethier. Ils avaient mission d'accompagner le Capt. Ethier jusqu'à Laboucane.

Les trois officiers se mirent immédiatement en route. Ils arrivèrent au but, de leur voyage vers minuit, le

même soir. Ils se rendirent tout de suite, à la maison d'Elzéar Laboucane, chef de cet établissement.

Elzéar Laboucane est un vrai métis. Il y a quelques années, lui et ses frères passaient pour des chefs
valeureux dans les expéditions pour la chasse aux buffles. Quand ce métier cessa de payer, vers 1879, il

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