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Charles R. Daoust - Cent-vingt jours de service actif

arriva vers les dix heures. Il n'y eut qu'un seul endroit en route où les soldats éprouvèrent quelque peine.
Ce fut lorsqu'on passa devant le petit hôtel de Pagerie; pas un qui ne jetât un regard de regret et d'envie

vers l'unique fenêtre de la maison d'où "l'ange de la Forêt" envoyait à chacun le baiser d'adieu.

Avant de clore ce chapitre, un mot sur la conduite et les amusements de cette garnison.

La discipline et la subordination des hommes a toujours été exemplaire. La satisfaction du commandant
de la compagnie a été telle, qu'il a cru devoir donner les galons de lieutenant aux trois sergents de cette

compagnie avant d'arriver à Montréal.

Les quelques semaines de séjour au Fort n'ont pas été sans amusement. Les hommes donnaient leur
temps perdu au jeu de balle, tandis que le Lt. Labelle, à la recherche d'un moyen quelconque de tuer le

temps, découvrait un jeu de paume qui fut immédiatement placé dans la cour du fort. Que de fois la lune

éclairait la fin de quelque partie chaudement contestée, à laquelle les dames du Fort ne refusaient pas de

prendre part. D'autres fois lorsque les ombres de la nuit forçaient les joueurs à cesser la partie, l'on se

dirigeait bras dessus bras dessous vers le bas de la colline et, pour le galant lieutenant, ce n'était pas la

partie la moins intéressante du programme.

Pendant ce temps, le capitaine plus sérieux, comme le requéraient, son âge et sa position, fumait
paisiblement une pipe de tabac en compagnie du major Griesbach et goûtait, avec délices, l'hospitalité de

la dame du Major dont l'excellence des tartes au flan n'était surpassée que par la cordiale politesse avec

laquelle elles étaient offertes.

Pour tout résumer, la compagnie No. 7 n'a pas de souvenirs fâcheux de son séjour au Fort Saskatchewan.
S'il y avait des jours ennuyeux et des nuits d'alarme il y avait d'autre côté des heures de plaisir et

d'amusement; et lorsqu'officiers comme soldats ramènent leurs pensées à ces jours de vie militaire, tous

s'accordent à répéter le vieil axiome: "s'il y a dans la vie de mauvais quarts d'heure, il y a aussi de belles

journées."

CHAPITRE IV. FORT ETHIER.

Le lecteur se rappelle que, lors de la marche du bataillon gauche de Calgarry à Edmonton, vingt hommes
avaient été laissés aux Buttes de la Paix, sous les ordres du Lieut. Villeneuve, en conformité avec les

ordres du général Strange. Cette garnison, qui devait plus tard s'illustrer par la construction d'un fort

superbe, qu'elle a laissé comme souvenir de son passage sur la rive sud de la Petite Rivière au Calumet,

mieux connue sous le nom de rivière de la Paix, se composait comme suit: Lieut. Villeneuve; de la 8e

compagnie, Sergent L. Favreau, aussi de la 8e; caporal Eusèbe Beaudoin de la 1ère compagnie; et des

soldats Napoléon Robert, et Ferdinand Robert du No 1; J. Savard, J. Connolly, E. Tailor, et Joseph

Chapleau, No 3; N. Bourdeau, A. Gravel, F. Dépatie, et A. Hébert, No 4; J. Sanschagrin, X. Quévillon,

D. Ménard, Edouard Gervais, L. Favreau, F. X. de la Durentaye, J. Lamarche et M. Deslauriers, No 8.

Dès le lundi, 4 de mai, au matin, ce détachement prit possession d'un chantier situé sur la ferme du
Gouvernement, et se mit immédiatement à l'oeuvre pour le rendre habitable. Pendant que le plus grand

nombre travaillaient à cette besogne, d'autres perçaient des meurtrières.

Le 6 de mai, le capitaine Ethier, qui s'était rendu jusqu'à Edmonton avec le reste du bataillon gauche,
dont il était adjudant, reçut ordre du général Strange de retourner tout de suite à la ferme du

Gouvernement pour prendre le commandement des garnisons de la Traverse de l'Élan Rouge et des

Buttes de la Paix, devant tenir ses quartiers généraux en ce dernier endroit. Le même soir, le capitaine

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